On parle beaucoup, ces temps-ci, et souvent à juste titre, de pratiques alimentaires dogmatiques et restrictives, de dérives nutritionnelles dangereuses et d’orthorexie. Alors, c’est le moment de le réaffirmer haut et fort : être vegan n’a rien à voir avec le besoin (maladif) de contrôler son alimentation ou avec la recherche d’une alimentation pure ou parfaite.

 

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Manger végétal est, cela est prouvé, excellent pour la santé, mais il n’existe pas d’alimentation parfaite ou en soi meilleure ou plus « naturelle »[1] que les autres, et tant mieux car il n’est pas nécessaire d’avoir une alimentation parfaite pour être en bonne santé, comme le rappellent Antigone XXI dans "Faut-il manger sain à tout prix?" et Gérard Apfeldorfer dans son livre Mangez en paix.

 

Etre vegan, c’est une pratique à l’opposé d’un repli nombriliste sur le contenu de sa seule assiette : c’est au contraire le signe d’une ouverture au monde, d’un souci des autres, un engagement quotidien de tout son être pour un futur meilleur pour tous, humains et non humains vivant sur cette planète. Certes, on peut être vegan et adorer cuisiner et parler de recettes de cuisine ; certes on peut se réjouir de préserver du même coup sa santé et même décider de remplacer le sucre raffiné ou la farine blanche par des produits plus sains ; mais être vegan ne signifie pas consacrer l’essentiel de ses pensées à ces sujets ni finir par supprimer nécessairement le gluten, le soja, le sucre, les céréales, le gras et le cuit.

 

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Etre vegan, bien plus qu’adopter une alimentation préservant la santé, c’est d’abord faire le choix d’un mode de vie basé sur la compassion, la non-violence, le respect de la planète et de tout être vivant ; c’est un choix éthique, écologique et même politique dans la mesure où si chacun se conformait à ces principes, le visage de nos sociétés changerait du tout au tout, et assurément pas en pire.

 

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Etre vegan, c’est un choix qui n’en sera d’ailleurs plus un d’ici quelques décennies, quand les ressources viendront tout simplement à manquer et que les générations futures – ce jour arrivera, j’en suis certaine – ouvriront des yeux effarés sur la destruction systématique de la nature, l’empoisonnement conscient de l’environnement malgré ses conséquences dramatiques sur la santé humaine ("Nos enfants nous accuseront"!) et le massacre industriel et planétaire perpétrés par nos contemporains.

 

Etre vegan, c’est un choix en avance sur notre époque, si aveuglée par sa course au profit qu'elle en est arrivée à traiter des milliards d'animaux comme des objets, comme des déchets, courant par là-même à sa perte; un choix qui apporte à ceux qui l’ont fait une certaine paix et la conscience d’avoir fait ce qu’ils ont pu (comme je l'exprime dans ma Lettre à mes enfants). 

 

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Quand on est parent, vouloir transmettre ces valeurs à nos enfants ne fait pas de nous des individus « extrémistes » et « sectaires » comme le jugent si vite ceux que la différence et le fait de prendre une décision réfléchie dérangent. Les parents vegans sont des personnes responsables, soucieuses de faire évoluer le monde vers plus de paix et de justice pour tous, sachant que cela ne passera que par un changement dans la mentalité - et les actes ! - de la prochaine génération.

 

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Parents vegans, nous ne sommes pas inconscients ni illuminés, nous avons des connaissances en nutrition bien plus poussées que celles de la moyenne des gens car nous avons dû les acquérir par nous-mêmes, et nous ne faisons courir aucun risque à nos enfants, ces êtres qui nous sont les plus chers au monde. Loin de « priver » nos enfants, nous savons qu’ils sont capables de grandir en suivant un chemin différent de la masse quand celle-ci s’est engagée dans une impasse, nous leur accordons notre confiance et nous leur apprenons à vivre en respectant leur planète, les animaux et leur propre santé, dans la joie et la paix que procure ce mode de vie qui dépasse tellement la seule question de l’alimentation.

 

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A gauche : élevage industriel, dégâts écologiques, maladies de civilisation ; à droite : mode de vie vegan

 

Ennemis de l’orthorexie et des dérives alimentaires, ne vous trompez pas de cible. Ne vous méprenez pas sur les motivations des vegans. Merci !

 

Note: cet article ne reflète que mon point de vue et ma conception personnelle du veganisme, qui est cependant, il me semble, celle partagée par la majorité des vegans.


[1] Question qui semble tracasser beaucoup de personnes: "L'alimentation vegane est-elle naturelle" ? Personnellement, il m’importe peu de savoir si elle est plus naturelle qu'une autre, et si l'homme est par nature frugivore ou autre. L'homme a depuis longtemps quitté l'état de nature et est omnivore dans les faits (il peut manger de tout, ce qui ne veut pas dire qu'il le doit). Car cette idée de nature mène à tout et n'importe quoi. On va ainsi justifier que le lait ou la laine sont des produits "naturels" donc bons. Ou que la vitamine B12, la vitamine D et tous les vaccins sont forcément mauvais parce que "non naturels", comme l'explique bien cet article des Questions composent. Ce qui m'importe, c'est que je puisse, ainsi que ma famille, vivre bien, en bonne santé, en me régalant avec une alimentation qui ne nuit pas aux animaux et le moins possible à la planète. Pourquoi manger des produits animaux si on n'en a pas besoin? Cela me suffit.