Enfants et bébés végétariens, végétaliens et véganes

30 novembre 2016

Menu de la dernière semaine de novembre (végétalien)

Cela faisait presque un an que je n'avais pas publié de menu de la semaine. D'autres blogs, qui sont listés dans ma colonne de liens en bas à droite, s'en chargent à merveille, et mes menus, extrêmement simples ces derniers mois (céréale-légume-éventuellement légumineuse) n'étaient pas des plus intéressants. Mais comme j'ai recommencé à établir mes menus à l'avance, une astuce qui aide à gagner du temps et aussi à tester de nouvelles recettes, je peux de nouveau présenter un menu à peu près digne de ce nom et surtout, dont j'ai gardé la trace. Excusez le peu de photos, je n'y ai pas pensé assez souvent. Si vous souhaitez que je publie plus régulièrement nos menus, dites-le moi en commentaire!

Voici donc le menu de la semaine du mercredi 23 au mardi 29 novembre (je commence le mercredi car on reçoit le panier bio le mardi, jour où j'établis donc le menu à partir de ce que l'on a reçu). D'ailleurs si vous vous étonnez des courgettes et poivrons du menu, ils viennent du panier bio... Tout n'est apparemment pas de saison!

Les midis de la semaine, mon mari emmène sa boîte repas au travail et je mange avec un ou deux enfants (le petit est à la crèche deux jours par semaine). Les mardis et mercredis, nous avons des activités pour enfants instruits en famille et emportons donc toujours un pique-nique.

Pour les recettes: chaque fois que cela est possible, je mets le lien vers la recette (cliquez sur les plats écrits en bleu). Pour le reste, je n'ai généralement pas de recette mais j'improvise des plats très simples.

Pour des infos sur la supplémentation nécessaire et l'équilibre des menus végétaliens, voir cette page.

 

Le menu:

Mercredi

Midi: Pique-nique: salade de pâtes aux poivrons, à la tomate et au fromage végane Violife

Soir: Gratin de chicorée "pain de sucre" (faire une béchamel ou mélanger crème de soja et fécule de pomme de maïs, et râper du fromage végane par dessus) et riz complet

 

Jeudi

Midi: Galettes de flocons d'avoine, brocoli

Soir: Schnitzel (escalope faite avec un steak de protéines de soja texturées pané), pommes de terre au four, champignons Portobello, kale

 

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Vendredi

Midi: Sushis (du commerce), carottes et panais sauce levure 

Soir: Tarte aux lentilles corail, reste de brocoli pour les enfants et salade de kale pour les parents

 

Samedi

Midi: Spaghettis à la crème végétale, crudités

Soir: Reste de tarte aux lentilles corail, courgettes vapeur, riz basmati

 

Dimanche

Midi: Burgers "frites" au four, salade

Soir:  Soupe de potimarron et lentilles corail, fromage de cajou sur des toasts et galettes de riz

 

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Lundi

Midi: Pique-nique en forêt: galettes de riz, houmous, fruits secs et noix

Soir: Riz complet, poireau et brocoli vapeur, tofu épicé mariné

 

Mardi

Midi: Pique-nique: taboulé (du commerce), chips de banane plantain, cornichons, energy balls

Soir: Gnocchis au pesto végane (du commerce), courgettes et salade verte

 

 

Les petits déjeuners, desserts et goûters de cette semaine :

Les petits déjeuners : lait végétal enrichi en calcium, et au choix: fruits; pain de mie ou pain grillé tartiné de purée de noix, confiture ou pâté végétal; et pour moi porridge ou smoothie (inspiré de cette recette: banane, courgette ou pousses d'épinards, lait végétal, purée de cacahuète ou huile de coco, cacao), et ce dimanche pancakes.

Les desserts : yaourt au soja, fruits, ce dimanche tartelettes choco-avocat, parfois on ne prend rien

Les goûters : fruits, fruits secs, barres de fruits secs ou à l'avoine du commerce (Trek ou nākd), compotes à boire, Plätzchen (petits sablés de Noël), energy balls cacao-ortie, biscuits Petit déjeuner, bretzels et cacahuètes grillées, scones à la framboise

 


23 novembre 2016

Peut-on donner du soja aux enfants ?

Ce sujet me tenait particulièrement à cœur et je suis heureuse d’avoir enfin pris le temps de rédiger un article qui répond aux principales questions que se posent les parents. Evidemment, je ne suis pas une spécialiste du sujet, il se peut que j’aie fait des oublis ou laissé passer quelques erreurs, et cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif mais je me suis efforcée d’aller chercher les informations les plus fiables (sur internet et directement auprès d’Hervé Berbille, l’expert français du soja), d’être la plus exhaustive possible et surtout de ne rien affirmer sans citer mes sources. Cet article se veut une invitation à aller lire les sources, voire directement les études scientifiques (en anglais), et à vous faire votre propre avis. J’espère qu'il saura apaiser vos éventuelles craintes ou celles de vos proches, n’hésitez pas à vous en servir et à le partager !

Après avoir listé les accusations dont le soja fait l’objet, je montrerai en quoi sa consommation est sans danger et même quels sont ses bénéfices pour la santé dès l’enfance et pendant la grossesse. Enfin, nous tenterons de comprendre pourquoi le soja fait l’objet de tant de mises en garde infondées.

 

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Le soja, une légumineuse mal aimée en France

Le soja, comme nous le rappelle Wikipédia, « est une espèce de plante annuelle de la famille des légumineuses, originaire d'Asie de l'Est ».

En France cependant, cette légumineuse est déconseillée avant 3 ans, alors que les autres « légumes secs » doivent être introduits à partir de 15 mois (ce qui est déjà tard). Sur le site québécois Naître et grandir, légumineuses et tofu sont pourtant conseillés dès 6 mois ; dans de nombreux autres pays, ces aliments peuvent être normalement introduits dès 9 mois.

Force est de constater que les légumineuses, et le soja en particulier, sont considérés en France avec méfiance, surtout quand il s’agit de l’alimentation des jeunes enfants.

Devant les sources contradictoires, et l’abondance d’articles d’allure sérieuse – souvent très alarmants – recommandant de se méfier du soja dans l’enfance et pendant la grossesse, de nombreux parents croient faire le choix de la prudence en évitant cet aliment. Ce qui est dommage, pour de nombreuses raisons que nous allons voir. 

 

 

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De quoi le soja est-il accusé ?

Réactions allergiques

On s’en méfie en premier lieu à cause du risque d’allergie. Comme le rappelle Wikipédia, « le soja, comme toutes les légumineuses, contient aussi de nombreuses protéines naturellement allergènes. La graine doit donc être transformée, soit par cuisson, soit par fermentation, avant consommation. Le soja et les produits du soja sont considérés comme des aliments naturellement allergènes listés par le Règlement 1169/2011 au même titre que d'autres aliments allergènes, tels que le lait, les œufs, les arachides, les noix ou les crustacés. »

 

Nocivité des phyto-estrogènes

Si le soja fait polémique, c’est surtout car il contient des isoflavones, également appelées phyto-estrogènes, jouant le rôle de modulateurs hormonaux. Les isoflavones appartiennent à la famille des polyphénols (catéchines du thé, flavonoïdes des agrumes, tannins du raisin). Ce sont ces isoflavones, appelées phyto-estrogènes car chimiquement proches des hormones féminines estrogènes, et pouvant moduler l’action des récepteurs des estrogènes, qui sont accusées de tous les maux : puberté précoce chez les filles et maturation sexuelle retardée chez les garçons ; risques d’anomalies du pénis ; et chez les adultes, cancer du sein par exemple.

Dans son fameux rapport de mars 2005 intitulé « Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandation », consultable en version longue ou courte, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) liste les principaux risques associés au soja, révélés par des expériences sur les animaux : « Des études de toxicité par administration réitérée, de génotoxicité, de carcinogénicité, mais aussi des études portant sur la fertilité, le développement des organes sexuels et leur maturation, ont été conduites le plus souvent chez les rongeurs, plus rarement chez le Chien et le Singe. Les phyto-estrogènes apparaissent généralement dépourvus de toxicité générale mais ils peuvent être génotoxiques ou carcinogènes dans certains modèles animaux et in vitro. Les doses utilisées sont plus élevées que celles généralement absorbées par l’Homme. » Nous verrons plus bas ce qu’il en est réellement chez l’humain.

 

Trop grande richesse en aluminium

Les laits infantiles à base de soja sont parfois accusés d’être trop riches en aluminium, un métal naturellement présent sur terre et donc dans les végétaux. A haute dose cependant, l’aluminium présente une forte toxicité. On lit parfois que « les laits à base de soja sont beaucoup plus riches en aluminium que les laits de vache : un enfant nourri au lait de vache reçoit entre 0,2 et 0,55 mg d’aluminium par semaine, tandis que l’enfant nourri au lait de soja reçoit entre 2,5 et 4,9 mg d’aluminium par semaine. Ces chiffres restent cependant en dessous des normes admises par les experts (7 mg). » Je vous l’avoue, ces faits m’ont fait froid dans le dos, à l’époque où je donnais un lait infantile à base de soja à mon deuxième fils… Cependant, aucun souci à se faire car comme je vais l’expliquer plus bas, l’aluminium dans le soja est biologiquement inerte (ce qui n’est pas le cas de celui contenu dans les vaccins !).

 

Responsable de la déforestation

Le soja est enfin pointé du doigt, un peu trop vite, comme le responsable de la déforestation, une véritable catastrophe écologique menaçant la planète que nous laissons à nos enfants. Je réponds tout de suite à cette accusation pour ne pas avoir à y revenir plus bas (nous nous concentrerons sur l’aspect santé). En réalité, « 90% des protéines de soja produit dans le monde sont destinées à l'alimentation du bétail, une véritable rente pour les industriels du soja étasuniens et brésiliens qui dominent ce marché. Ce soja « alimentation animale », la plupart du temps transgénique (OGM) se retrouve donc indirectement dans les produits laitiers, les œufs et la viande que les Français consomment chaque jour, tout en contribuant à dévaster la forêt amazonienne. (…) Inversement, les aliments à base de soja destinés à l'alimentation humaine, notamment ceux consommés en France, sont produits à partir de soja cultivé localement, souvent selon les méthodes de l'Agricultrice biologique, donc sans recourir aux OGM, interdits en Bio. Il faut savoir également que les protéines de soja destinées à l'alimentation humaine ne représentent que 3% de la production mondiales » (source).   

On rappelle également que la production de végétaux, donc de soja, est beaucoup moins consommatrice de ressources que celle de produits animaux. L’élevage est le principal responsable de l’accaparement des terres arables (70 % des terres agricoles et 30 % de toute la surface de la terre). La plus grande partie de la production mondiale de céréales est destinée à l'alimentation du bétail. Un régime carné implique donc une consommation indirecte de céréales et autres végétaux bien plus importante qu'une alimentation végétale. Manger du soja (ainsi que d’autres légumineuses), c’est donc choisir une source de protéines respectueuse de la planète.

Je m’arrête là mais vous trouverez une liste assez complète des principaux reproches adressés au soja dans cet article qui y répond point par point. 

 

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Le soja est pourtant sans danger pour la santé

Une allergie relativement rare

Pour ce qui est du risque allergique tout d’abord : l’allergie au soja concernerait à peine 0,03 % de la population mondiale (source). S’il n’existe pas de risque dans la famille ou que l’allergie n’est pas avérée après introduction du soja chez l’enfant, la consommation de soja ne doit pas éveiller de craintes à ce sujet chez les parents. Rappelons que le lait de vache, le gluten ou les noix sont aussi allergènes et ne doivent pas pour autant être évités si l’enfant n’y est pas allergique.

 

Les isoflavones du soja (phyto-estrogènes) ne sont pas des hormones

Les isoflavones du soja sont des "phyto-SERMs", c'est-à-dire des modulateurs hormonaux, qui atténuent les effets négatifs des estrogènes endogènes (effets prolifératifs). Ils ne sont en aucun cas de vraies hormones (il n’y en a pas dans le règne végétal) et ne présentent donc aucun risque pour la santé, même chez les bébés ou les femmes enceintes. 

Les mythes tels que « un bébé nourri avec du lait maternisé à base de soja reçoit l’équivalent en phyto-oestrogènes de ce que l’on recevrait si on ingurgitait 5 pilules contraceptives par jour, ce qui entraîne une puberté précoce chez les filles et une maturation sexuelle retardée chez les garçons » sont démentis par les études scientifiques. Les phyto-estrogènes ne sont pas des hormones, mais des régulateurs hormonaux. Leur activité estrogénique est 1.000 à 10.000 fois moins puissante que celle de l’estrogène. Ainsi, une étude de 2015 centrée sur les organes reproducteurs des enfants, n’a constaté aucune différence à l’âge de 5 ans, que les enfants aient reçu du lait maternel, du lait infantile à base de lait de vache ou du lait infantile à base de soja. Les chercheurs prévoient de suivre les enfants jusqu’à la puberté. Toutes les études sur les enfants nourris au lait infantile de soja attestent d’un développement normal (voir plus bas le paragraphe sur les laits infantiles à base de soja).

 

En revanche le lait de vache contient de vraies hormones

Plutôt que de polémiquer sur les phyto-estrogènes du soja et d’en déconseiller la consommation, on ferait mieux de regarder de plus près ce qu’il est recommandé de donner à la place, à savoir le lait de vache. En effet, on trouve de vraies hormones dans les laits animaux d’autres espèces, qui sont néfastes pour la santé. « Le lait de vache (ou de chèvre, de brebis, de jument) contient naturellement pas moins de 59 véritables hormones, dont l’œstradiol 17 β, l’un des plus puissants œstrogènes répertoriés, de l’IGF-1, une hormone de croissance (notamment des tumeurs cancéreuses) classée par le Comité international olympique (CIO) comme substance dopante, mais également de la leptine (favorisant l’obésité), de la progestérone (cancer de la prostate), de la thyroxine et de la triiodothyronine (acné et puberté précoce), de l’ocytocine (maladie cardio-vasculaire), de la cortisone (cancer du sein et l’endomètre), de la prolactine (allergie) » (source). 

Les produits à base de soja (lait, yaourts) permettent donc d'éviter l'exposition aux véritables estrogènes contenus dans les produits laitiers. « Les taux d'œstrogènes contenus dans les produits laitiers, à de niveau de consommation comparables à ceux recommandés par PNNS, s'avèrent suffisants pour faire chuter le taux de testostérone chez les individus mâles alors que la consommation de soja n'a aucune incidence significative sur les taux d'androgènes. » Pour les études le prouvant, voir les notes 20 et 21 de cet article.

 

Rapport de l’Anses : des recommandations basées sur des résultats d’expérimentations animales

Concernant le débat principal autour des phyto-estrogènes, il importe d’écrire noir sur blanc qu’aucune étude n’a jamais mis en évidence les effets négatifs d’une consommation de soja chez l’humain. « Une étude de 2008 a montré que l’ingestion quotidienne d’une très grande quantité d’isoflavones de soja (l’équivalent de 2,5 kg de tofu ou de 10 litres de lait de soja par jour !) ne produisait aucun effet indésirable. » (lien vers l’étude). Alors pourquoi tant de bruit autour de cette fameuse substance ?

Jean-François Narbonne, toxicologue à l’Université Bordeaux 1, revient sur la genèse du rapport de L’Anses de mars 2005 intitulé « Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation », rapport très alarmiste qui fut à l’origine de la méfiance pour le soja en France : « Dès 1996 le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) et plus particulièrement le groupe de travail « contaminants » que je présidais avait été chargé d’évaluer la toxicité du soja chez l’homme. A l’époque le rapport avait conclu que nous n’avions pas de bases pour établir des limites de toxicité et nous ne disposions d’aucune évidence de toxicité chez l’homme. Le problème c’est que 10 ans après, l’état des connaissances scientifiques n’a pas fondamentalement changé la donne mais la conclusion du groupe de travail de l’Afssa est allée dans un sens maximaliste : en l’absence de données évidentes pour établir des limites de sécurité ce groupe d’experts a jugé urgent en termes de santé publique de proposer toute une série de recommandations pour limiter l’exposition au moins de certains groupes de consommateurs. »

Ce qu’il faut dire, c’est que seules des études sur les animaux ont révélé une toxicité du soja, aucune sur les humains. Il s’agit donc d’un principe de précaution poussé à l’extrême. Nous y reviendrons dans le « Pourquoi le soja est-il décrié à tort en France », un peu plus bas.

Ainsi, c’est parce que, chez les souris, les isoflavones peuvent favoriser le développement de tumeurs, que le soja est aussi déconseillé aux femmes ayant eu des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein. Or chaque espèce peut réagir différemment à un même aliment… Par exemple, les rongeurs métabolisent les isoflavones beaucoup plus activement que l'homme, ce qui empêche d’extrapoler pour l’homme. Florian KAPLAR, naturopathe, souligne l’aberration d’une telle conclusion : « C’est bien là le problème, cette préconisation d’éviction du soja chez les femmes ayant eu un antécédent de cancer se fonde sur une étude chez les… souris ! En revanche, ce que l’on sait d’après une étude récente, c’est que le soja protège contre la récidive du cancer du sein. De même, selon le Centre de recherches contre le cancer Fred Hutchinson, il n’a jamais été démontré que le soja puisse causer le cancer chez l’Homme. Au contraire, les études sur le soja ont montré : un effet protecteur du soja contre le cancer, moins de récidives du cancer, ou un effet neutre. Il n’y a jamais eu de corrélation directe entre le soja et le cancer, annoncer le contraire est de la désinformation ! »

Certes, cela ne concerne pas les enfants, mais c’est un exemple de la manière dont on a déduit un peu trop vite les « dangers » du soja.

 

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Preuves de l’innocuité des laits infantiles à base de soja

Selon ce même principe de précaution, l’Anses déconseille également les laits infantiles à base de soja. Comme on peut le lire sur Wikipédia, « La même étude de l'Anses met en garde à l'usage de préparations à base de soja avant l'âge de 3 ans, en précaution et en tenant compte de la teneur élevée en isoflavones. Dans d'autres pays, cette prévention vis-à-vis des produits infantiles à base de soja n'existe pas, la recherche n'apportant pas d'éléments en faveur de la dangerosité des formules à base de soja. (…) L'innocuité des boissons à base de soja a été démontrée : une étude comparant des groupes nourris au lait maternel, au lait de vache et aux préparations à base de soja a montré que ces dernières n'avaient aucun effet négatif sur les fonctions physiologiques. »

D’ailleurs, tout en déconseillant la consommation de soja avant 3 ans, l’Anses reconnaît implicitement dans son rapport de 2005 ne pas avoir de preuve de la toxicité du soja : « Cependant malgré la forte exposition et les concentrations plasmatiques rapportées chez les nourrissons alimentés de façon prolongée avec des PPS [préparations infantiles à base de protéines de soja pour nourrisson et de suite], il n’a pas été observé jusqu’à présent de troubles particuliers de la croissance et du développement endocrinien. » Or il faut savoir que nous disposons d’un certain recul sur les effets des laits infantiles à base de soja puisqu’ils sont utilisés depuis bientôt 100 ans. Comme le résume Jean-François Narbonne, l’Anses « admet que le soja a des effets bénéfiques chez les populations asiatiques et qu’aucune étude épidémiologique n’a mis en évidence d’effet délétère chez l’homme. »

 

Trois études portant sur le développement général des enfants, la dernière de 2014, viennent confirmer l’une après l’autre la parfaite innocuité des laits infantiles à base de soja, et donc de la consommation de soja chez le bébé. Pour chacune, je cite l’extrait le plus significatif, en anglais, avec traduction des passages les plus importants (de moi, donc pas parfaite, si une bonne âme bilingue peut arranger ça, je lui en serais très reconnaissante) :

- Safety of Soy-Based Infant Formulas Containing Isoflavones: The Clinical Evidence, 2004

« Recent in-depth reviews of the safety of dietary isoflavones in soy have found that there is no conclusive evidence from animal or human adult or infant populations that indicates that dietary isoflavones may adversely affect human health development or reproduction. Comprehensive literature reviews and clinical studies of infants fed SBIFs [Soya-based infant formulas] have resolved questions or raise no clinical concerns with respect to nutritional adequacy, sexual development, neurobehavioral development, immune development, or thyroid disease. SBIFs provide complete nutrition that adequately supports normal infant growth and development. »

« Les laits infantiles à base de soja ne représentent pas un problème sur les plans nutritionnel, du développement sexuel, du développement neurocomportemental, du développement immunitaire, ou des maladies de la thyroïde. Ils permettent une croissance et un développement normaux. »

 

- The health implications of soy infant formula, 2009

« Feeding SF [Soya-based infant formulas] to infants is shown to be efficacious for normal growth and development. (…) The translational research from the Arkansas Children's Nutrition Center supports the notion that early exposure to soy foods, including SF, actually may provide health benefits rather than adverse effects, eg, improved body and bone composition and prevention of breast cancer. »

« Les laits infantiles à base de soja sont efficaces pour garantir une croissance et un développement normaux ». « Une exposition précoce au soja, laits infantiles à base de soja y compris, ont en réalité des bénéfices plutôt que des effets indésirables ».

 

- Safety of soya-based infant formulas in children, 2014

« Modern SIF [Soya-based infant formulas] are evidence-based safety options to feed children requiring them. The patterns of growth, bone health and metabolic, reproductive, endocrine, immune and neurological functions are similar to those observed in children fed CMF [cows' milk-based formulas] or HM [human milk]. »

« Il a été prouvé que les laits infantiles à base de soja sont une option sûre pour nourrir les enfants en ayant besoin. Les schémas de croissance, santé osseuse et fonctions métaboliques, reproductives, immunitaires et neurologiques sont identiques à ceux observés chez les enfants nourris avec des laits infantiles à base de lait de vache ou au lait maternel. »

 

L’aluminium du soja, biologiquement inerte

Déjà, il faut savoir que l’aluminium est le troisième élément sur le plan de l’abondance au niveau de la croûte terrestre, derrière l’oxygène et la silice. « Dans la nature, l’aluminium ne se trouve jamais de manière isolée, mais il est toujours associé à d’autres éléments dans presque toutes les roches, les végétaux, les animaux » (source). Nous en avons de manière naturelle dans le corps.

Je partage ici la réponse qu’Hervé Berbille m’a faite par mail au sujet de l’aluminium retrouvé dans les laits infantiles à base de soja: « Concernant l'aluminium, tous les aliments en contiennent peu ou prou, lait maternel compris, et ce logiquement, puisque l'aluminium est un des principaux constituants de la croûte terrestre. L'aluminium dans le soja n'est pas problématique car le soja est riche en silicium qui forme, au contact de l'aluminium, du silicate d'aluminium, biologiquement inerte. Je m'amuse beaucoup d’entendre les détracteurs du soja dire que l'aluminium est dangereux dans les laits infantiles à base de soja et les mêmes affirmer qu'injecté comme adjuvant dans les vaccins, ce même aluminium ne pose aucun problème ! En outre, après avoir épluché la littérature scientifique, j'ai constaté que certains laits infantiles à base de lait de vache contenaient davantage d'aluminium que ceux à base de soja ! Pour ce qui est de l’aluminium qu’on retrouve dans le soja, cette "concentration" est faible, tout au plus des traces qui proviennent de la croûte terrestre sur laquelle le soja est cultivé, donc qui accumule (un tout petit peu) de l'aluminium, et ce... comme toutes le plantes et tous les aliments, lait maternel compris. Le lait de soja, et le tofou qui en est issu, en contiennent probablement, mais à des teneurs toujours négligeables, à tout le moins sans incidence sanitaire significatives. »

La grande étude de 2014 sur les laits infantiles au soja réaffirme d’ailleurs l’innocuité de la présence élevée d’aluminium dans ces produits, qui n’affecte pas les autres paramètres indicateurs de bonne santé et d’une croissance normale : « Despite the high levels of phytates and aluminium in SIF [Soya-based infant formulas], Hb, serum protein, Zn and Ca concentrations and bone mineral content were found to be similar to those of children fed CMF or HM. »

 

Malgré toutes ces preuves de l’innocuité de la consommation de soja dans l’enfance, en France, les rumeurs anti soja semblent avoir eu raison des preuves scientifiques, puisque les laits infantiles à base de soja (Gallia soja, Modilac soja) ne sont plus disponibles. Cela est très regrettable. Je reçois en effet souvent des demandes de parents désespérés dont les bébés ne supportent ni lait de vache, ni lait de riz, ni lait d’amande infantiles, et à qui le soja aurait pu convenir. Une solution reste de commander des laits infantiles à base de soja à l’étranger (voir la fin de cet autre article pour les produits disponibles en Allemagne et au Royaume-Uni). 

 

 

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Le soja présente en réalité des atouts pour la santé

Les études sont formelles : il n’y a pas de raison de se priver du soja, qui non seulement n’est pas nocif, mais a bien plutôt des avantages indéniables pour la santé, à tout âge de la vie. On l’a vu, les isoflavones du soja ne sont pas des hormones, mais des modulateurs hormonaux, sans danger pour la santé, contrairement aux produits laitiers contenant, eux, de vraies hormones.

 

Un rôle protecteur contre le cancer, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les polluants environnementaux (BPA)

- Les isoflavones du soja entrent en effet en compétition avec les œstrogènes endogènes sur les récepteurs à estrogènes, et permettent ainsi de diminuer les effets prolifératifs des estrogènes endogènes, mis en cause dans l’apparition des cancers du sein et de la prostate. Parallèlement, les isoflavones renforcent l’effet antioxydant des estrogènes endogènes.  

La consommation de soja protège du cancer du sein, ce qui peut être une information intéressante pour les mamans comme pour leurs filles, la consommation de soja pendant l’adolescence étant particulièrement efficace : « Certaines études concluent en faveur de l'existence d'un effet protecteur, vis-à-vis du cancer du sein, de la consommation de soja et/ou des isoflavones pendant l'adolescence. Il faut noter que dans ces études la consommation plus élevée de soja est inversement corrélée à la consommation de protéines animales. » (source)

 

- De même, les isoflavones protègent des pubertés précoces, ce qui a été prouvé dans cette étude. Une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a montré que la puberté est la plus tardive dans les pays où l’on consomme le plus de soja (liens ici). Or une puberté avant l’âge de dix ans est associée à un risque plus élevé de cancer du sein quelques dizaines d’années plus tard.

 

- La consommation de soja diminue également le risque de maladies cardio-vasculaires. Explication : « Grâce à la présence de polyphénols, aux propriétés anti-oxydantes le soja assure une protection contre les maladies cardio-vasculaires. Les polyphénols du soja possèdent une autre propriété méconnue : c’est l’induction de l’apoptose qui traduit la capacité à provoquer le « suicide » sélectif des cellules cancéreuses, tout en protégeant les cellules saines. » 

En 1999 la FDA (Food and Drug Administration, USA) a accordé une allégation santé aux protéines de soja, reconnaissant officiellement leur capacité à réduire le risque coronarien. D’autres pays (Japon, Malaisie, Royaume-Uni) ont également accordé cette allégation.

 

- Le soja, comme on peut le lire ici, a aussi des effets bénéfiques sur le pancréas : « Chez l'Homme, les seules activités scientifiquement documentées du soja sur le pancréas sont une activité protectrice contre le diabète (les isoflavones protègent les cellules β du pancréas, qui synthétisent l'insuline) et une inhibition de la croissance tumorale des cellules cancéreuses du pancréas, un cancer particulièrement meurtrier rappelons-le. »

 

Dans « Le soja qui tue ? La vérité sur un article délirant », Hervé Berbille (Directeur de Recherche & Développement, diplômé de l’Institut des Sciences et Techniques des Aliments de l’Université Bordeaux 1, ingénieur en agro-alimentaire et diplômé en ethno-pharmacologie) est catégorique : « Vous pouvez donner du soja aux enfants ! Vous activerez ainsi leurs gènes anticancéreux, ce qui leur conférera une immunité ultérieure contre les cancers hormono-dépendants, ainsi que contre les maladies cardiovasculaires (activité « épigénétique » des isoflavones), l'obésité, des polluants environnementaux, dont le redoutable BPA, et vous les protégerez ainsi d'une puberté précoce. Et ceci conformément aux recommandations des autorités indonésiennes par exemple qui recommandent une introduction très précoce du soja dans l'alimentation, une pratique au demeurant courante en Indonésie comme j'ai pu le constater par moi-même.»

 

Des bénéfices pendant la grossesse pour la maman et le bébé

Je recopie ici la réponse de l’Association végétarienne de France à la question « Je suis enceinte, dois-je cesser de consommer du soja ? » (onglet : soja et grossesse) :

« Non. La principale source d’exposition œstrogénique des fœtus revient, et de très loin, aux oestrogènes maternels. Or, ce que l’on appelle improprement les « phyto-œstrogènes » s’opposent à la production d’œstrogènes endogènes (c’est-à-dire produits par l’organisme), d’où leur nom de « phyto-SERMs », « m » pour « modulateurs » (œstrogéniques); à ce titre, les « phyto-SERMs » (isoflavones) protègent le fœtus contre les oestrogènes maternels. Chez des souris gestantes, la suppression du soja dans l’alimentation conduit au syndrome « d’œstrogénisation fœtale » (source). D'autres études montrent que la consommation de « phyto-œstrogènes » protègent le fœtus des véritables perturbateurs endocriniens (bisphénol A) (source). La recommandation selon laquelle les « phyto-œstrogènes » augmentent le risque d’hypospadias (malformation de l’appareil génital masculin) est par ailleurs totalement infondée. Les études disponibles soulignent au contraire un effet protecteur des « phyto-œstrogènes » (source). Toujours sur modèle animal, il apparaît qu’une exposition fœtale aux « phyto-œstrogènes » (isoflavones) confère une protection ultérieure contre les maladies cardiovasculaires (source).

Le soja est un aliment riche en choline. Or, il a été démontré, chez des femmes enceintes cette fois-ci, qu’une alimentation déficiente en choline pouvait avoir des conséquences catastrophiques pour le système nerveux des nouveau-nés. »

Et l’AVF rappelle que dans le guide officiel de la grossesse et de la petite enfance « Mieux Vivre », distribué à toutes les femmes enceintes au Québec, les aliments à base de soja y sont d’ailleurs traités comme les autres aliments.

Le soja, comme on va le voir dans le paragraphe suivant, est un aliment intéressant sur le plan nutritionnel, dont il serait dommage de se priver pendant la grossesse, une période où les besoins en certains nutriments et en protéines augmentent.

 

Un aliment nutritionnellement riche

Le soja constitue une excellente source de protéines. Composé de 40% de protéines, il est la légumineuse qui en contient le plus. Il possède huit acides aminés sur neuf essentiels, une bonne teneur en lysine, des acides gras insaturés : c’est un aliment extrêmement intéressant pour les végétariens et végétaliens, notamment les enfants qui le mangent souvent plus volontiers que les lentilles ou les pois chiches, et dont certains besoins sont parfois difficiles à couvrir. Le lait de soja et les yaourts enrichis en calcium sont un moyen bien pratique et fiable de couvrir les besoins en calcium relativement élevés pendant la petite enfance (personnellement je déconseille fortement de compter uniquement sur la prétendue richesse en calcium des légumes à feuilles vertes et des amandes pour combler les besoins des enfants). 

Même l’Anses, dans un éclair de lucidité au milieu de son fameux rapport de 2005, reconnaît la grande qualité du soja : « En dehors de la problématique des phyto-estrogènes, le soja est un aliment intéressant sur le plan nutritionnel : pris sans autres ingrédients ajoutés (sucre, …) il participe à l’apport de protéines végétales et contient peu de graisses saturées. Il participe donc à varier l’apport alimentaire. » 

 

Un substitut aux produits animaux, apprécié des enfants

Avantage non négligeable pour les familles végés, le soja représente enfin un substitut protéiforme, pratique, idéal pour réaliser des plats ressemblant à ceux que mangent les copains omnivores et ainsi éviter la frustration : yaourts, lait, tofu (nature, fumé, soyeux, à la tomate…), saucisses, protéines de soja texturées pour bolognaise ou boulettes, tempeh… Que ferait-on sans le soja ! ^^

 

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Alors pourquoi le soja est-il décrié à tort, surtout en France ?

Difficile de donner une réponse simple… avant de crier au lobby laitier (on entend bien parler d’un « lobby du soja » !!), laissons la parole à nos experts.

L’origine de cette prévention généralisée contre le soja se trouve bien sûr dans le rapport de l’Anses de mars 2005, mettant en garde contre la consommation de soja, qui a été largement relayé par les médias. Or selon Jean-François Narbonne, toxicologue ayant fait partie du groupe de travail chargé d’évaluer la toxicité du soja chez l’homme en 1996, la constitution du groupe de travail de 2005 (à l’origine du rapport alarmiste sur le soja) pose problème : celui-ci était constitué essentiellement de nutritionnistes pour traiter un problème relevant surtout de la toxicologie. Ce défaut de pluridisciplinarité, couplé au manque d’étude comparative comme cela aurait dû être le cas, permettent de comprendre en quoi les résultats obtenus sont controversés. Les recommandations de l’Anses sont donc basées sur une précaution poussée à l’extrême basée sur des suppositions. Selon l’expert, ce rapport de l’Anses a d’ailleurs provoqué de nombreuses réactions auprès des collègues des agences étrangères.

On l’a vu plus haut, aucune étude n’a jamais pu prouver le moindre danger du soja chez l’humain, les seules études ayant révélé une toxicité ayant été conduites chez les animaux. Dans un article rédigé en commun, Hervé Berbille, ingénieur agroalimentaire et le Dr Jérôme Bernard-Pellet, nutritionniste, reviennent sur l’aberration des conclusions de l’Anses et émettent des hypothèses :

« En mars 2005, l'Anses justifie ses recommandations sur la base des études, contradictoires, conduites sur modèle animal, en l'occurrence chez des rongeurs. Rappelons que les rongeurs métabolisent les isoflavones beaucoup plus activement que l'Homme, ce qui rend les extrapolations à l'Homme particulièrement hasardeuses.

Quoi qu'il en soit, les raisons qui conduisirent alors les rédacteurs du rapport de l'ANSES (ex-AFSSA) à privilégier des études conduites sur modèle animal au détriment de celles conduites chez l'Homme restent encore aujourd'hui difficilement explicables.

De même, on s'étonnera que les liens manifestes qu'entretenaient nombre de ses rédacteurs avec l'industrie laitière, constitutifs de conflits d’intérêts pourtant flagrants, n'aient pas alors suscité d'émoi particulier. » Sans commentaire…

 

 

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Yaourts maison au lait de soja enrichi en calcium

 

 

Quelle quantité de soja consommer pour bénéficier de ses bienfaits ?

Sur la base de toutes les études fiables que j’ai citées plus haut prouvant les bienfaits du soja, et s’il n’y a pas de risque allergique dans votre famille, vous pouvez introduire le soja comme les autres légumineuses dès 9 mois (si cela n’a pas été fait plus tôt avec un lait infantile) et donner à vos enfants – et consommer vous-même –  sans aucune crainte 1 à 3 portions par jour. Pour donner notre exemple, nous prenons le matin un yaourt de soja ou une tasse de lait enrichi en calcium, et dans la journée, un deuxième yaourt ou une portion de tofu.

Hervé Berbille, l’un des meilleurs spécialistes français du soja, affirme dans un article sur le soja et ses controverses : « Le soja, à condition qu’il soit bio, sans contamination par les OGM et consommé dans le cadre d’une alimentation diversifiée, constitue un excellent aliment. » Hervé Berbille, avec qui j’ai régulièrement des échanges par mail au sujet du soja dans l’enfance, ne cesse de me confirmer, études à l’appui, les bénéfices pour la santé de la consommation de soja. Je le remercie d’ailleurs car c’est en grande partie grâce à lui que j’ai pu écrire cet article.

Pour conclure, je laisserai la parole à Florian Kaplar, de Naturo-Passion, dont le propos me semble plein de sagesse : « le soja a toute sa place dans le cadre d’une alimentation diversifiée et équilibrée. En France, il est aisé de trouver des produits à base de soja bio sans OGM, cultivé en France, d’excellente qualité et délicieux : tofu ferme (qui existe en version lactofermenté), fumé ou non, tofu soyeux, pâtés végétaux lactofermentés, yaourts, « lait » de soja, etc. La conclusion à laquelle j’arrive après lecture de centaines de pages d’études sur le soja est que, d’un point de vue nutrition et santé, aucune étude scientifique n’a prouvé la moindre toxicité de la consommation de soja sur l’homme. Au final, le soja présente bien plus d’avantages que d’inconvénients. » 

 

Trois articles complets et fiables (pouvant documenter tout ce qu’ils avancent, ce qui est loin d’être le cas des articles anti soja), que j’ai utilisés parmi d’autres dans mon article. A lire et partager sans modération.

Soja : vérités et mensonges

Florian Kaplar, diététicien-nutritionniste et naturopathe, répond avec précision aux rumeurs infondées sur le soja.

 

Le soja qui tue ? La vérité sur un article délirant

Avec sa verve habituelle, Hervé Berbille s’attaque aux pires rumeurs attachées au soja et les démonte point par point. Directeur de Recherche & Développement, diplômé de l’Institut des Sciences et Techniques des Aliments de l’Université Bordeaux 1, Hervé Berbille est également ingénieur en agro-alimentaire et diplômé en ethno-pharmacologie.

 

Les experts français ont exagéré les dangers du soja

Dans cet entretien, Jean-François Narbonne, toxicologue à l’Université Bordeaux 1, explique pourquoi le rapport de l’Anses de 2005 est si critique vis-à-vis du soja et aussi pourquoi ses conclusions sont controversées.

 

Précision: cet article n'a aucune visée publicitaire. Les illustrations accompagnant cet article représentent des produits connus, appréciés chez nous (et par de nombreuses familles véganes) et je préfère préciser que je n'ai reçu aucun soutien de la part de marques. Que cela soit clair!

 

02 novembre 2016

Petite salamandre et Salamandre junior, deux magazines pour les passionnés de nature

Lassée des magazines pour enfants classiques - ce n'est pas pour rien que j'ai participé à l'aventure Pitaya - que mes enfants lisent sans véritable passion, j'ai été soulagée et ravie de découvrir, grâce au blog Payette family, l'existence des magazines Petite salamandre et Salamandre junior. Payette family vous présente deux numéros ici et. Un véritable coup de coeur que je tenais évidemment à partager avec vous.

 

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Les couvertures attrayantes de deux numéros récents de Salamande junior et Petite salamandre

 

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Deux numéros de Petite salamandre, l'ancien 6-10 ans et le nouveau désormais adapté aux 4-7 ans

 

Comme vous avez pu le lire dans mes bilans trimestriels d'instruction en famille, si mes garçons ont une passion, c'est la nature et en particulier les insectes. Ces magazines sont donc parfaits pour des enfants comme eux et il fallait les voir sauter de joie en découvrant leurs premiers numéros :-). Petite présentation:

Il s'agit de deux publications différentes, bimestriellesPetite salamandre pour les 4-7 ans et Salamandre junior pour les 8-12 ans. Mes enfants ont 3 ans et demi et 6 ans et je les ai abonnés aux deux. Salamandre junior convient aussi à un enfant de moins de 8 ans passionné, curieux et désireux d'avoir accès à des informations plus approfondies (chaque numéro propose un grand dossier sur un thème particulier).

 

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Les dossiers de Salamandre junior et Petite salamandre

 

Ces magazines bimestriels - sans publicité ! - sont un trésor pour les petits amoureux de la nature. Comprenant des illustrations, des jeux, des activités et des histoires de qualité, ils ne se contentent pas de sélectionner des informations simplifiées mais donnent accès à des faits riches, originaux et passionnants concernant les plantes et les animaux, apprenant aux enfants à découvrir activement la nature et à la protéger. La page « C'est le moment de... » (visible sur la deuxième photo de cet article) attire ainsi l’attention des enfants sur des phénomènes naturels à observer à ce moment de l’année. Salamandre junior, en plus du grand dossier, propose des BD, un "zoom de saison", des jeux, des fiches d'activités pratiques et bien d'autres rubriques encore.

 

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Les pages jeux de Salamande junior et Petite salamandre

 

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"Face à face" de Salamandre junior

 

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La grande BD de Salamandre junior

 

Petite salamandre, propose le même genre de rubriques, adaptées à des lecteurs plus jeunes, avec en plus une grande histoire et un beau poster illustrant le thème du dossier.

On apprécie également, dans Petite salamandre, la page "Ma p'tite planète" qui sensibilise les enfants à l'écologie.

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Dans Petite salamandre, les sujets sont traités avec soin, utilisant un vocabulaire précis (la "harde", les "bois", les "graminées"...) tout en restant accessibles aux plus petits. 

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L'idée bricolage de Petite salamandre n°100 sur les plantes carnivores (ancien numéro à commander ici) a passionné mon fils de 6 ans fan de ces plantes!

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Et l'idée recette du numéro de cet été a bien plu à mon 3 ans. Seul bémol, les recettes proposées ne sont pas toutes véganes, bien que facilement « véganisables ».

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J'espère vous avoir donné envie de découvrir ces magazines et, pourquoi pas, d'y abonner vos enfants. Pour l'abonnement, suivez ce lien. La boutique enfants regorge de coffrets, cahiers d'activités et livres et on peut même piocher dans la boutique adultes guides détaillés, beaux livres ou DVD afin d'approfondir un sujet.

 

04 octobre 2016

Activités et apprentissages libres #3

Alors que l'automne s'est bien installé, voici revenu le moment de faire un bilan de nos trois derniers mois d'apprentissages et activités libres. Tout d'abord merci à celles qui suivent avec intérêt cette rubrique, merci pour vos retours :-) Quant à celles et ceux que ces articles - très longs, je le concède! - ennuient, pas de souci, retrouvez-nous pour le prochain article plus directement lié au véganisme! Si vous êtes nouveau ici et souhaitez en savoir plus sur notre famille, notre manière d'aborder l'IEF et nos motivations, rendez-vous à la première édition de nos activités et apprentissages libres dans la rubrique "Notre vie à Londres".

Commençons par l'aspect "végane à Londres". Nous avons découvert le Black cat café et son copieux English breakfast en version végane:

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 Mais aussi les glaces véganes décadentes de Yorica:

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Et nous apprécions le Greenwich market où nous nous régalons de macarons et gâteaux véganes :

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De belles découvertes gustatives! Mais revenons à l'instruction en famille: ces trois derniers mois - juillet à septembre - ont été un peu particuliers car ils ont constitué une pause estivale dans notre routine : cet été, nous avons passé 6 semaines en France, et fin septembre une semaine à Berlin pour revoir plein d'amis et nos lieux de vie des 5 dernières années. Pas d'emploi du temps fixe des activités pour ces trois derniers mois même si nous en avons de nouveau établi un fin septembre, que je vous présenterai dans la prochaine édition. Pour résumer je dirais que ce fut un trimestre estival joyeux, plein de voyages, d'activités artistiques et de découvertes dans la nature. Initiallement, à notre arrivée à Londres en janvier, nous avions pensé nous laisser quelques mois avant d'inscrire notre grand à l'école en septembre, mais franchement, à présent aucun de nous n'aurait vu l'intérêt d'une rentrée à l'école en septembre! Puisque ce mode de vie nous plait et que les enfants s'épanouissent, nous continuons donc l'instruction en famille aussi longtemps que cela nous conviendra.

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Bilan de ces trois derniers mois:

Pendant ces trois derniers mois, les passions constantes de mon fils de 6 ans sont toujours les minéraux, les insectes, les plantes. Et les nouveautés: il a découvert les plantes sauvages comestibles, la symétrie grâce à la geoboard, la technique du papier mâché, l’origami, les séries de livres L’Age de glace et Les p’tites poules, le magazine Petite salamandre et la série dessins animés des Octonauts, a appris les jours et les mois, et commence à écrire en cursives. Il a pris confiance en lui en anglais (mène de petites conversations) et en sport (foot).

Les projets (passions approfondies qui ont donné lieu à plusieurs activités autour du même thème, telles que visionnage de documentaires, lecture de livres, observation sur le terrain, bricolages, coloriages…) : araignées, fleurs sauvages, plantes carnivores.

Nouvel outil : Même si les apprentissages se font toujours majoritairement de manière informelle et libre, on utilise ponctuellement le Cahier du jour, cahier du soir, Tout en un CP de Magnard, pour y piocher une leçon et les exercices qui vont avec ses intérêts du moment. Le petit frère de 3 ans a commencé les cahiers de petite section de maternelle et apprécie beaucoup, il commence à aimer s’appliquer avec un crayon et suivre des consignes ; on a aussi commencé avec lui les lettres rugueuses Montessori en cursives.

 

 

Liste de nos activités de juillet à septembre, par matières :

 

Sciences (maths, physique, astronomie, chimie, biologie, écologie...):

- Maths et logique: Mon fils a refait quelques additions avec retenues, aime compter son argent, a découvert la symétrie grâce à la geoboard préalablement construite avec son grand-père et grâce à cet outil, a travaillé aussi les figures géométriques (à reconnaitre, construire et reproduire). Il apprécie l'origami, activité qui fait appel à la compréhension de l'espace et des formes, tout en favorisant le développement de la mémoire visuelle.

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- Biologie: l’été en France a été l’occasion de faire beaucoup de découvertes concernant la faune et la flore. Il a passé des heures à chercher des insectes et des fleurs sauvages, a utilisé des livres avec son grand-père qui s’y connait bien pour en apprendre plus, a fabriqué un herbier (l’occasion de commencer à écrire en cursives), a participé avec moi à un atelier sur les plantes sauvages comestibles.

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Les activités proposées au parc écologique à côté de chez nous ont permis d’approfondir nos connaissances : insectes d’eau et de terre, journée d’observation au microscope électronique (mue de sauterelle, « vagues » de la limace, 8 yeux des araignées, guêpes, œufs d’insectes…). Il aime aller feuilleter des livres sur les animaux au parc écologique et interroger le personnel qui connaît tout sur la faune et la flore. Chaque balade, même sur les trottoirs en ville, donne lieu à des découvertes, comme celle de la magnifique passiflore (passion flower). La grande passion est les araignées, qui a été approfondie grâce à des activités variées : observation dans la nature, au microscope, documentaires, livres, magazine Petite Salamandre, miniguide Salamandre, art (araignée en cure-pipe et toile d’araignée en bâtons et ficelle)… Un numéro de la Petite salamandre sur les plantes carnivores a relancé son intérêt pour celles-ci : bricolage, documentaires vidéo (C’est pas sorcier sur les tourbières etc).  

- A la maison, avec le microscope qu'il a reçu pour son anniversaire nous observons des insectes, des plantes...

- On utilise toujours beaucoup les documentaires et vidéos en ligne au sujet des insectes, de la vie dans un étang et autres sujets variés…

- Observation de la croissance des fruits et légumes dans les fermes urbaines et dans notre potager en pots où l’on a pu récolter tomates cerises et haricots verts. Lors d’un weekend en France chez les cousins, les enfants ont ramassé potirons et œufs des poules. A Berlin, récolte de pommes de terre lors de la Kartoffelfest au Domäne Dahlem.

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- Corps humain et santé: Visite chez le dentiste complétée par la lecture d’un livre sur le sujet.

 

 

Histoire, géographie et techniques:

- Mesure du temps: mon fils a décidé d’apprendre les jours de la semaine et les mois de l’année, qu’on a affichés au-dessus de son espace de travail. Une leçon du Cahier de CP a permis d’approfondir le sujet.

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- Mesure des distances: il connaît bien les diverses unités et évalue se manière assez juste les tailles en cm et m.

- Histoire: lecture d’un livre sur le 14 juillet et défilé à la télé. Lors de nos vacances en Savoie, on a participé à la fête de la batteuse et vu fonctionner cette ancienne machine. A Londres on a visité le navire Cutty Sark avec une animation pour enfants et appris des choses sur ce bateau en particulier et la navigation aux siècles passés et le commerce (thé de Chine, laine d’Australie). Au London Museum of Docklands, mon fils a été impressionné par la reconstitution d’une rue ancienne, ensuite nous avons pris un livre à la bibliothèque sur l’évolution d’une rue à travers les âges. Petit saut au Natural History Museum pour revoir les dinosaures et au Museum d’Histoire Naturelle de Dijon, très intéressant avec sa collection chronologique.

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- Géographie: les vacances en France ont encore été l’occasion voir les côtes de la Manche depuis l’avion. En dehors de la Savoie, nous avons visité quelques villes de l'est de la France. Notre semaine à Berlin nous a permis de resituer divers monuments, lieux et quartiers.

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- Techniques: mes garçons ont construit une tente avec leur grand-père à l’aide de bâtons de noisetier et d’un grand drap ; ont vu comment fonctionne une ancienne batteuse à blé.

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Français et langues étrangères :

- Français: Mon fils lit de vrais livres à présent : il a découvert la série Les p’tites poules et aussi les livres L’âge de glace de la bibliothèque rose (96 pages) qu’il lit d’un trait. Avec son frère, ils sont toujours abonnés à Pomme d’Api et à Histoires pour les petits. Grâce au Cahier de CP nous avons travaillé sur les lettres muettes en fin de mots et comment savoir quand il y en a une (du coup, notions de féminin/masculin, singulier/pluriel avec les -s + premières notions de nom/verbe).

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- Anglais: Il se sent désormais assez à l’aise en anglais pour mener une conversation avec une personne, oser demander quelque chose à un adulte, jouer avec d’autres enfants et même faire des blagues. Ce qui l’aide à améliorer son anglais, c’est toujours le “Story time” à la bibliothèque (lecture de livres pendant 30 minutes), les heures avec la babysitter, les copains qu’il commence à avoir, les groupes d’enfants instruits en famille qu’on fréquente (Charlton Home Ed, Wild child outdoor play in Greenwich park), et les DVD et films : on a vu au cinema Ice Age 5 et mes garçons ont découvert avec enthousiasme les dessins animés des Octonauts. Au niveau écrit, mon fils lit et comprend maintenant de petits albums en anglais, comme Christopher Nibble. Les leçons de lecture en anglais avec sa tutrice ont repris en septembre, niveau 4 et 5. Il aime les mots croisés (en français ou en anglais) et a même inventé une mini grille.

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- Allemand: Après avoir un peu négligé la pratique en été, on s’est remis fin août à regarder des dessins animés (Oh, wie schön ist Panama, Feuerwehrmann Sam), à lire des histoires et à parler de temps en temps. Il comprend toujours très bien et arrive encore à parler. En septembre nous avons fait un séjour d’une semaine à Berlin ce qui nous a donné l'occasion de reparler la langue.

- Ecriture: Pendant l’été, il s’est entrainé à écrire des nombres et des mots dans son cahier d’écriture (quelques mots tous les 2 jours en moyenne). En juillet, afin de réaliser un herbier, il a décidé d’apprendre à écrire en cursives et c’est ainsi qu’il s’est le plus entraîné, même si spontanément il écrit plutôt en script (avec mélange parfois de majuscules et minuscules). En septembre on a laissé de côté le cahier d’écriture car il en avait marre, cela lui demande trop d'efforts pour l'instant et je ne veux pas le forcer mais il continue à écrire des mots quand il en a besoin (liste, dessin…).

 

 

Arts et musique:

- Art: en août à Londres, nous avons été gâtés quant aux activités proposées aux enfants dans divers lieux : on a participé à un atelier de papier maché et fabriqué des bols à peindre ensuite, des mobiles en pierres et coquillages de la Tamise, on a fait des impressions de fleurs (flower press printing), il a découvert l’origami, et dessine, fait des collages (mosaïques de petits papiers colorés) et colorie de plus en plus volontiers. Sur le thème des araignées, il a fabriqué des araignées en cure-pipe et des toiles avec bâtons et ficelle. Leur nouvelle passion pour les Octonauts a donné lieu à des bricolages variés seuls et avec un copain, des coloriages etc.

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- Musique: les leçons de piano à la SHSA ("école" pour enfants IEF) ont été en pause cet été et n’ont repris que mi-septembre. Mon fils commence à utiliser un cahier de solfège pour enfants. Nous avons acheté un clavier électronique.

- Théâtre : mes garçons ont assisté à une belle représentation de Christopher Nibble et rencontré l’auteure des livres.

 

 

Activité physique:

- Parcours aventure en Savoie où il a repoussé un peu ses limites et sa peur du vide (il a quand même fallu aller chercher la grande échelle en milieu de parcours ;-) 

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- Sports variés: balades, vélo, trottinette, yoga pour enfants, aires de jeux, grimper dans les arbres, baignade à la plage, badminton, football (début des entrainements en club avec les 4-6 ans), première leçon de « natation » avec moi.

 

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Aire de jeux, tranquille en septembre quand l'école a repris ^^

 

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Jeu libre lors des rencontres IEF au parc

  

La majeure partie de nos journées est donc constituée de jeu libre, à la maison ou à l'extérieur. Leurs jeux, activités et jouets préférés du moment sont:

- 3 ans: sable, Duplos, peinture, dessin, jouer avec eau ou boue, faire ses activités dans son nouveau cahier de maternelle petite section, chanter.

- 6 ans: observer les insectes, Legos, dessiner, origami, badminton, foot, lire, rêvasser, faire des bricolages avec bâtons et ficelle, sauter le plus haut ou le plus loin possible, grimper dans les arbres.

 

Si vous avez envie de suivre régulièrement nos activités, balades et visites, abonnez-vous à mon compte Instagram sophiesovegan!

A très bientôt!

 

15 septembre 2016

Tarte savoureuse au potiron

Un potiron d'au moins 3 kilos a pris l'Eurostar fin août dans notre valise... Ramassé chez les cousins en France, il a émigré à Londres où il n'a pas survécu longtemps, englouti sous forme de soupe et de tarte par des enfants véganes.

 

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Mes enfants ayant mangé un quart de tarte chacun, je suppose que la recette est assez bonne pour être partagée.

Je l'ai faite une fois avec des lentilles corail - pour le fer et les protéines - et une fois sans, les deux versions étaient délicieuses.

Mon 3 ans a adoré m'aider à faire la pâte et à jeter les morceaux de potiron dans le blender. Et surtout appuyer sur le blender pour faire du bruit :-D

 

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La recette de la tarte

Ingrédients:

- Une pâte à tarte (feuilletée ou maison: 200g de farine, une pincée de sel, 50 g d'huile et juste ce qu'il faut d'eau)

- Un gros morceau de potiron cuit au four (700 g cuit)

- 1/2 brique de crème soja ou un verre de lait végétal

- 1 càc de moutarde

- Lentilles corail (facultatif, 150 g une fois cuites)

- 1 càs de fécule de maïs (2 si vous utilisez du lait à la place de la crème)

- Sel, poivre, et herbes ou épices (ici, ciboulette et romarin, mais muscade irait tout aussi bien)

 

Préparation:

Epluchez et découpez le potiron en petits dés, et le cuire au four jusqu'à ce qu'il soit fondant (à l'eau fonctionne aussi). Pendant ce temps, faites cuire les lentilles corail et égouttez-les.

Préparer la pâte. Mixer le potiron cuit avec les lentilles, le lait ou la crème, et l'assaisonnement. Ajouter la fécule de maïs.

Etaler la purée de potiron sur la pâte et faites cuire à four préchauffé à 180° environ 30 minutes.

 

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Maintenant on attend Halloween de pied ferme pour s'amuser encore avec des potirons ;-)

 


08 septembre 2016

Les oeufs des poules du jardin

Elever son bébé végane peut sembler contraignant sur le moment: recherche de lait infantile végétal quand cela est nécessaire, de premiers chaussons sans cuir, souci d'offrir une diversication alimentaire équilibrée sans pouvoir compter sur le corps médical ni sur le soutien des proches... Pourtant, avec le recul de quelques années déjà, je me rends compte à quel point on a le contrôle de tout pendant ces premières années. Les choses sont claires. Dès que l'on a trouvé les bonnes sources d'informations et surtout la confiance en soi, rien de plus facile que de préparer de bons petits plats véganes et d'être en acord avec ses valeurs. D'autres difficultés matérielles peuvent apparaitre avec les repas chez la nounou ou à la crèche, auxquelles les familles véganes trouvent généralement des solutions astucieuses.

Cependant, la vraie difficulté, je trouve, arrive quand les enfants sont en âge de parler et d'avoir leurs désirs propres: c'est celle du "pourquoi", lorsqu'il s'agit d'expliquer, ainsi que de décider en notre âme et conscience où se trouve notre zone de tolérance aux écarts. Mes enfants ont très vite compris, avant deux ans il me semble, qu'on ne mangeait pas les animaux pour ne pas "leur faire bobo" et cela est absolument logique pour eux. La raison pour laquelle on évite le lait est facilement compréhensible également (les oeufs un peu moins, avec l'histoire des poussins). Le plus difficile pour eux, c'est de comprendre pourquoi les autres, la famille, les amis, mangent ces mêmes animaux et ne sont pas pour autant "méchants". Chacun trouvera son explication: ils ne savent pas, ils ont l'habitude de faire ainsi... De même, chacun placera sa limite de tolérance envers les écarts où il le veut, de "jamais" à "manger végétalien à la maison et végétarien à l'éxtérieur". Pour nous, c'est végane tout le temps sauf très rare exception (en déplacement ou dans une situation de trop forte tentation pour les enfants où je n'avais rien prévu d'alternatif). Si nous sommes véganes par choix éthique, politique, et non par désir d'une alimentation "pure" ou "parfaite", j'estime qu'une exception dans une situation précise ne remet pas en question nos valeurs profondes.

 

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Mais dernièrement, je me suis trouvée confrontée à une situation à laquelle je ne m'étais pas spécialement préparée: les oeufs des poules du jardin des cousins. Lors d'un long weekend en compagnie de leurs cousins en France, l'une des choses les plus passionnantes pour mes garçons, qui aiment les animaux, fut d'aller nourrir les poules et ramasser les oeufs. Je remarquais bien qu'ils étaient comme partagés entre la joie innocente de tenir un oeuf dans leurs mains (mon grand l'embrassait même de joie tant il le trouvait parfait!) et une sorte de gêne de se dire "ce n'est pas bien de faire ça, puisqu'on n'en mange pas".

On aurait pu en rester là et les mettre simplement au frigo sans plus en parler, mais j'ai senti que les enfants avaient besoin d'autres explications. Leurs cousins se demandaient aussi pourquoi on n'en mangerait pas. J'ai donc expliqué qu'on refusait les oeufs des poules élevées en cages dans des conditions atroces, sans place pour bouger ni terre à picorer... Et cela, les enfants le comprennent très bien! Le livre Ne nous mangez pas! est d'ailleurs d'un grand secours pour introduire la situation aux enfants sans image trop choquante. Mais du coup, je ne voyais plus de raison de leur refuser les crêpes ou la brioche que ma belle-soeur allait préparer pour le lendemain. J'aurais pu faire des crêpes sans oeufs mais quand j'ai vu l'émerveillement dans le regard de mes enfants: "on va les manger?" je n'avais tout simplement aucune raison de refuser: ces oeufs étaient là, ils viennent de poules en liberté dans un grand espace, on attend qu'elles se soient désintéressées de leurs oeufs avant de les ramasser... J'ai donc donné mon accord. Personnellement, le goût de l'oeuf me déplait tant que je n'ai fait que goûter une bouchée. Mais mes enfants ont été ravis de déguster crêpes et brioche faites avec les oeufs des poules des cousins. Pas de crainte d'un possible brouillage des valeurs puisqu'ils comprennent parfaitement le fait qu'on évite les oeufs de toute autre provenance.

Qu'on ne me comprenne pas mal: il ne s'agit en aucun cas de spécisme (le plaisir ou le bien-être de mes enfants qui passerait pour moi avant la considération des intérêts des autres animaux); puisque nous sommes véganes pour les animaux, et que je le clame haut et fort, il m'a finalement semblé plus cohérent, dans cette situation, de laisser mes enfants manger ces oeufs de poules ayant une existence en conformité avec leurs besoins et auxquelles on ne fait aucun mal. Le message est clair, l'éthique au premier plan. Manger ces oeufs ne renforce pas l'industrie monstrueuse (bio y compris) exploitant les animaux, une des principales raisons pour lesquelles nous sommes véganes. Evidemment, je risque de choquer certains véganes et j'ai bien conscience que chacun peut avoir un point de vue différent sur le sujet des poules de jardin, un thème sur lequel même Veg Faq ne tranche pas. Personnellement, je me sens au clair avec moi-même en ayant agi ainsi. Mais je ne sais pas si je consommerais régulièrement les oeufs de mes poules, si j'en avais dans mon jardin...

Et vous, comment auriez-vous réagi et quel est votre point de vue sur cette question?

 

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09 juillet 2016

Tartelettes fraise rhubarbe châtaigne

Depuis qu'on reçoit un panier bio chaque semaine, ce qui fait pousser des cris de joie à mes garçons quand on le trouve sur le pas de la porte, on est obligés de tester de nouveaux légumes. Et par exemple, la rhubarbe que je n'avais jamais cuisinée. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'en avais jamais acheté. J'ai donc commencé par tester les petits pots de crème amande et rhubarbe de Vegan de Marie Laforêt (miam!) avant d'inventer de petites tartelettes qui ont également plu à toute la famille. La pâte à la châtaigne se marie très bien avec le goût acidulé des fraises et de la rhubarbe. A tester avec les dernières fraises et rhubarbes de la saison ;-)

 

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Pour 6 tartelettes:

Pâte:

- 100 g de farine d'épeautre ou de blé

- 100g de farine de châtaigne

- 50 g d'huile de tournesol

- Une pincée de sel

- Juste assez d'eau pour que la pâte s'étale facilement

Mélanger les ingédients, former une boule de pâte, l'étaler et découper 6 ronds de la taille de vos moules à tartelettes. Déposer la pâte dans les moules.

 

Garniture:

- 3 ou 4 tiges de rhubarbe

- Une poignée de fraises (3 grosses fraises)

- 3 bonnes cuillères à soupe de confiture de fraises ou de framboises

- Une pincée de cannelle ou de vanille

- Sucre ou sirop d'agave selon votre goût

Couper la rhubarbe et la faire cuire dans un tout petit fond d'eau jusqu'à ce qu'elle forme une compote. Sucrer légèrement (on y ajoutera encore la confiture). Transférer dans un blender avec les autres ingrédients et mixer. Verser le mélange sur les fonds de tartelettes et décorer de bandes de pâte s'il y en a en trop. Cuire environ 20 minutes au four préchauffé à 180°. 

 

Bonne dégustation, bon été et à très vite!

 

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01 juillet 2016

Activités et apprentissages libres #2

Déjà l'été! Et au moment où je commence cet article, voilà exactement 6 mois que nous habitons à Londres. Nous avons trouvé nos repères et sommes satisfaits de notre quartier et de nos activités. La vie quotidienne se passe bien, et j'ai même donné un Workshop de yoga pour enfants à l'école allemande du samedi, où j'enseignerai le yoga pour enfants les samedis dès la rentrée de septembre. Une façon de garder un lien avec notre précédent pays :-)

 

A propos de véganisme à Londres, j'ai découvert le groupe Facebook London vegan mums et nous avons testé quelques restaurants, le fameux Mildred's avec ses burgers inégalables et dernièrement le Gallery café à Bethnal Green où j'ai eu le plaisir de faire la connaissance d'Anouchka de Biobeaubon, puisqu'elle habite elle aussi à Londres.

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Alors qu'un contrôle renforcé des formes d'instruction alternatives est en train de se mettre en place en France qui obligera les familles à suivre les programmes de l'Education Nationale et les enfants à se soumettre à des tests écrits ou oraux (pensez à signer la pétition ici!), nous continuons à profiter de notre liberté à Londres, on ne sait pour combien de temps encore, étant donnés les évènements actuels au Royaume-Uni qui nous font hésiter à rester.

En attendant, on avance dans nos apprentissages en famille. Tout se passant très bien, nous n'avons pas prévu d'inscrire notre fils de 6 ans à l'école en septembre, nous allons donc continuer ainsi. Tout comme je l'avais fait dans mon précédent article où vous trouverez en plus les les raisons de notre choix, je vous parlerai aujourd'hui des activités et apprentissages libres de mon fils de 6 ans pour ce trimestre d'avril à juin. Pour rappel, il aurait l'âge d'être en fin de maternelle grande section en France et en fin de première classe à Londres. Je partage ici une liste non exhaustive de nos activités, regroupées par "matières". Evidemment, ce découpage en matières est arbitraire car une même activité déborde bien souvent sur plusieurs matières mais il me permet de vous présenter les choses de manière plus claire. Ma liste est très détaillée, pour vous mais avant tout pour moi, car elle me sert de trace écrite en français pour les apprentissages réalisés (je ne la fais qu'en anglais sinon, au cas où on aurait tout de même une inspection ce qui est peu probable). C'est la seule raison pour laquelle je note tout en détail, n'y voyez aucune autre intention. Ne prenez que ce qui vous intéresse!

 

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Je tiens cependant à préciser une chose importante: je ne voudrais pas que la liste d'apprentissages qui suit semble décourageante à certains parents qui voudraient se lancer, ou que vous ayez l'impression que chez nous, tout se passe de manière parfaite tous les jours. Je précise, on ne sait jamais ;-) Certains jours, nous nous ennuyons, nous avons l'impression de ne rien "apprendre", les enfants ou moi sommes de mauvaise humeur ou très fatigués, ou nous nous sentons seuls malgré la profusion de groupes, n'ayant pas encore vraiment d'amis ici, ou même je doute de la pertinence de notre choix et d'être capable de continuer, notamment à cause de l'aspect social qui est délicat quand on a un enfant introverti. Et d'autres jours, la plupart heureusement, on s'amuse, on découvre et on passe de belles et riches journées. Il y a des hauts et des bas, le tout est de garder confiance en soi et en ses enfants. 

Quant à la quantité d'apprentissages, j'avoue que même si j'ai l'impression d'en faire beaucoup moins que la plupart des familles pratiquant l'IEF, cette liste peut paraître énorme mais elle représente la somme des petites découvertes sur 3 mois, qui se passent généralement toutes seules au cours de balades, jeux ou visites. On passe très peu de temps assis à un bureau. J'ai un fils extrêmement curieux, intéressé par tout ce qu'il voit et entend, qui cherche à tout comprendre et en particulier ce qui concerne la science, la physique et le monde animal. Il pose beaucoup de questions et apprend de nombreuses choses par lui-même (lire les chiffres par exemple) si bien que je n'ai absolument pas besoin de chercher des idées de nouveaux apprentissages ou de fabriquer un "programme". Pas de manuel scolaire pour l'instant, et si je jette un oeil sur les programmes (français ou anglais), c'est juste par curiosité. On suit ses intérêts, ses besoins, ses envies. Pour les additions avec retenues qu'il vient d'apprendre par exemple, il a voulu que je lui explique car il en avait vu dans un jeu en ligne. Le soir de cette découverte, il a même troqué son histoire du soir contre une série supplémentaire d'additions avec retenues! Un exemple des bonheurs du unschooling :-) Et le lendemain, l'excitation de la nouveauté étant retombée, il s'intéressait à autre chose.

Les seules activités un peu dirigées sont: l'heure de piano (il a d'ailleurs tendance à décider lui-même ce qu'il veut jouer ou pas :D), le cours de science du mardi bien que les enfants y soient très libres, l'heure de lecture hebdomadaire avec la tutrice d'anglais pour savoir comment lire l'anglais et obtenir une prononciation correcte, et quelques lignes d'écriture (chiffres, et lettres en script pour l'instant) dans un cahier à grosses lignes plusieurs fois par semaine car il souhaiterait savoir mieux écrire et n'arrivait pas à se motiver seul. Or il souhaite être capable d'écrire de beaux chiffres pour faire ses additions et aussi, par exemple, pour noter au jour le jour dans son classeur la croissance du tournesol qu'il a planté. Des apprentissages qui ont du sens, c'est la clé de la motivation et du plaisir d'apprendre!

 

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Fingerprint art book reçu pour son anniversaire

 

Emploi du temps de ces dernières semaines (il a évolué depuis janvier et évoluera encore):

Lundi (jour sans son frère qui est à la crèche): écriture, jeux de lecture sur tablette, CD audio en allemand ou anglais, balade ou sport, activités manuelles, ou juste jouer dans le jardin.

Mardi: cours de science et piano, puis babysitter ou parc.

Mercredi: jeu libre et pique-nique en forêt avec un petit groupe d'enfants.

Jeudi: "story time" à la bibliothèque (un membre du personnel lit des livres pendant 30 minutes), puis jeu au parc parfois avec un copain.

Vendredi (jour sans son frère qui est à la crèche): écriture, jeux de lecture sur tablette, ménage, balade, piscine.

Je ne liste ici que les activités à peu près fixes. En plus, nous avons: jeu libre avec son frère, cuisine, jeux de société, yoga, peinture, parfois musée, sortie à la ferme, vélo...

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Pendant ces 3 derniers mois, ses passions constantes sont toujours les minéraux, les insectes, les plantes. Et les nouveautés: il a découvert comment poser les additions, commence à être à l'aise en anglais, lit l'allemand et s'entraîne à écrire.

 

Et voici la liste de nos activités d'avril à juin, par matières:

 

Sciences (maths, physique, astronomie, chimie, biologie, écologie...):

- Maths et logique: mon fils a appris à lire les dizaines et les centaines grâce aux numéros des bus et peut maintenant compter sans se tromper jusqu'à 100 (et du coup même au-delà). Il aime compter son argent et la monnaie lorsqu'on achète quelque chose. Nous avons commencé les petites additions sans retenues, et ayant découvert les retenues dans un jeu en ligne (Starfall), il a voulu que je lui explique l'astuce et sait maintenant faire des additions avec retenues. Il commence les soustractions simples en calcul mental, pendant qu'on marche dans la rue en général il m'en réclame pour s'occuper^^ Pour apprendre quelque chose qui le passionne il a en effet besoin de bouger en même temps. Autres apprentissages: découverte des fractions avec les fruits et des cercles en papier, jeu awele, puzzle de 60 pièces. 

- Nous fréquentons toujours le cours de science du mardi dans la structure pour enfants instruits en famille. Un petit groupe d'enfants de 4 à 10 ans environ est invité chaque semaine à réaliser des expériences sur un sujet. Le tout dans une ambiance très libre, ils peuvent sortir de la pièce quand ils veulent, manger, s'asseoir où ils le souhaitent... Au programme des dernières séances: tester les différentes saveurs (amer, acide, sucré, salé), produire un gaz qui fait gonfler un ballon posé sur le goulot d'une bouteille, fabriquer un modèle du système digestif en papier mâché, réaliser le système solaire en collages, planter des graines de tournesol et comprendre la croissance des plantes, et faire des expériences pour comprendre la gravité. A la maison, avec le microscope qu'il a reçu pour son anniversaire nous observons des insectes, des plantes...

- Nous sommes retournés au Natural History Museum pour voir la partie dinosaures, naissance de la vie sur Terre et évolution. Fin juin, nous avons fait un tour dans la serre des papillons (Sensational butterflies) où l'on se promène parmi des plantes tropicales et des papillons. Nous avons vu des chenilles, des chrysalides et des papillons magnifiques. Mes enfants ont voulu compléter la visite par des livres, des recherches sur internet à propos d'une chenille toxique, des coloriages, des bricolages et des déguisements sur le même thème.

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En bas à droite: chrysalides. C'était la première fois qu'on en voyait.

 

La salle des minéraux du Natural History Museum est hélas fermée pour travaux. Mais mon fils, la petite souris aidant, agrandit sa collection de minéraux rares et transforme régulièrement le salon en salle d'exposition. Il envisage toujours de devenir chercheur de minéraux et de fossiles plus tard. Le coffret contenant des fossiles de trilobites à trouver lui a beaucoup plu. Nous avons également récolté de nombreux fossiles lors de vacances dans le Jura, ce qui a été une expérience passionnante.

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- Au Kew gardens, un magnifique jardin botanique, nous avons vu des séquoias, des bambous et des plantes tropicales dans les serres ce qui a permis à mon fils de se faire une idée de la forêt tropicale dont il entend souvent parler dans les livres ou qu'il a vue dans ses vidéos sur les plantes carnivores.

- Au parc écologique à côté de chez nous, géré par des passionnés, nous avons pu assister à des journées d'observation des insectes d'eau et de terre, voir un nid de guêpe, faire des quiz sur les libellules et autres insectes, regarder les oiseaux et leurs bébés sur l'étang, assister à la naissance d'araignées en direct à travers un microscope... Mon fils s'est également pris de passion pour les hérissons (choisis pour thème de son sixième anniversaire) qu'il a appris à connaître grâce à des livres et des vidéos.

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- Nous utilisons en effet beaucoup les documentaires et vidéos en ligne quand nous avons besoin d'approfondir un sujet (j'apprends en même temps qu'eux sur des tas de sujets et j'adore!): ce trimestre les thèmes étaient les hérisson, les fossiles, les arthropodes, les geysers, faire du feu avec des silex, les pteranodons, le solstice d'été et la cause du changement de saisons.

- Dans les nombreuses fermes urbaines, nous avons assisté à la tonte de moutons, vu des porcelets en train de téter, et des tas de sortes de fruits et légumes dans les potagers. Nous avons d'ailleurs démarré notre potager en pots où poussent - avec plus ou moins de succès, ravagés par les limaces - fraises, tomates, carottes, betteraves, salade, haricots verts et un tournesol. Je recommande le livre Ca pousse comment pour en apprendre plus sur le jardinage. Mon fils s'occupe également d'une plante carnivore (une dionée).

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Plants de tomates cerises; ci-dessous, nos fraises

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- Un weekend à la mer dans le sud de l'Angleterre a été l'occasion d'observer les marées et de ramasser de nombreux coquillages. Un livre de la bibliothèque nous a permis d'illustrer le cycle de l'eau.

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- Corps humain et santé: on parle beaucoup, en cuisinant ou en recevant notre panier bio, de vitamines et de ce qu'apportent les fruits et légumes; mon fils passionné de minéraux a été très amusé de savoir qu'il y avait aussi des minéraux dans notre corps! Le livre de Marion, Goûters sains pour petits héros, est très utile pour donner une image positive des fruits et légumes et expliquer pourquoi on en a besoin. Nous avons aussi abordé le sujet des dents qui tombent puisqu'il a perdu ses deux premières.

 - Mon fils a pris l'habitude de faire une fiche (que je rédige encore moi-même pour l'instant) dès qu'il apprend de nouvelles choses sur un sujet qui l'intéresse. Cette fois, nous avons fait des fiches sur les grenouilles, les trilobites, le lierre, les insectes, les fossiles, le serpent le plus long du monde, la matière la plus solide du monde... Et nous avons démarré une fiche où il note régulièrement la croissance du tournesol qu'il a planté.

 

 

Histoire, géographie et techniques:

- Mesure du temps: ayant reçu une montre pour ses 6 ans, il a appris à lire l'heure. Je remarque qu'en ce moment il a besoin d'évaluer combien de temps on est restés quelque part. Il me pose aussi des questions sur le nombre de jours dans la semaine, dans le mois et de mois dans l'année. Tout récemment  il m'a demandé: "-ça fait combien 6 fois 12? -72. -Alors j'ai 72 mois, maman!" :D

- Mesure des distances: il commence à avoir des notions de centimètres, mètres et kilomètres. Il me pose sans cesse des questions pour évaluer les distances: largeur de la Tamise, distance jusqu'au métro ou à la bilbliothèque, et il mesure les choses (le tournesol qu'il a planté).

- Histoire: ramasser des fossiles d'ammonites, de pentacrines et de crépidules dans le Jura a été l'occasion de faire des recherches sur ces animaux (je vous rassure, je ne connaissais pas les deux dernières sortes :D) et de les situer par rapport à l'époque des trilobites dont mon fils est fan et qui vivaient il y a 500 millions d'années. Pour ce qui est des périodes plus proches de nous, on a visité Paris, vu divers monuments et lu un livre sur la construction de la tour Eiffel. Mes garçons ont également lu des livres sur les chevaliers, fait des coloriages de châteaux forts et se sont déguisés en chevaliers.   

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- Géographie: les weekends à la mer, à Paris et notre séjour dans le Jura ont été l'occasion de situer ces lieux sur une carte. Pendant la traversée du tunnel sous la Manche, nous avons suivi notre trajet sur le plan. Une visite au sommet de la tour Arcelormittal Orbit nous a aussi permis de situer divers quartiers de Londres les uns par rapport aux autres. Sur un globe terrestre, il repère l'Europe, la France, l'Angleterre, le pôle Nord et le pôle Sud. Il est encore hésitant pour les autres continents et océans.

- Techniques: à part les engrenages avec lesquels on a joué dans un parc, et les conctructions de machines sophistiquées en Legos, je ne vois pas trop quoi faire entrer d'autre dans cette catégorie ce trimestre même s'il y a sûrement plein d'autres petites choses ^^

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Français et langues étrangères :

- Français: mon fils sait désormais parfaitement lire et ne se contente plus des collections "Premières lectures" de Nathan: il dévore les Tom-Tom et Nana, les Boule et Bill, les Pomme d'Api et en fait à peu près n'importe lequel de ses livres. Grâce à un poster affiché près de son bureau, il a appris l'alphabet et est venu me le réciter tout fier.

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- Anglais: les jeux en ligne Reading Eggs et son heure de lecture en anglais hebdomadaire avec une tutrice lui permettent de se débrouiller déjà pas mal en lecture. Sa tutrice utilise toujours les livres de lecture de la collection Oxford Reading Tree, et a commencé le niveau 4. Avec elle, mon fils a aussi lu intégralement Room on the broom (La sorcière dans les airs). Jusqu'à présent le problème était qu'il déchiffrait les mots sans vraiment comprendre le sens mais cette fois je sens qu'il comprend plus de choses. Il lui arrive même de prononcer de petites phrases en anglais tout en jouant ce qui est le signe qu'il commence à intégrer vraiment cette langue. S'il a toujours du mal à comprendre des personnes parlant dans un groupe et du coup à oser aller vers les autres enfants, il arrive maintenant à exprimer ce qu'il veut avec une personne de confiance, par exemple sa babysitter qui vient une fois par semaine. Son petit frère de 3 ans commence également à bien comprendre et à avoir du vocabulaire même s'il ne fait pas encore de phrases. Ce qui aide aussi pour l'apprentissage de l'anglais: le "story time" à la bibliothèque (lecture d'histoires pour les enfants), les DVDs (Room on the broom, Ice Age, Mr Men) et dessins animés en anglais sur la tablette. 

- Allemand: on essaie tant bien que mal d'entretenir leur compréhension de l'allemand en regardant des dessins animés et en lisant des livres, mais il faut avouer que je n'arrive pas à leur parler dans cette langue comme on me l'a conseillé car cela ne m'est pas naturel. Le petit frère ne comprend déjà plus grand-chose et répond systématiquement en anglais, mais le grand comprend encore bien et adore écouter ses histoires de Kokosnuss sur CD en suivant dans le livre. J'ai découvert ce matin qu'il savait lire couramment l'allemand! Il m'a surprise en lisant à voix haute, de manière tout à fait fluide, son dernier livre de Kokosnuss. On espère qu'ils obtiendront en septembre une place à l'école allemande du samedi (2h de cours en allemand le samedi matin) où je donnerai des cours de yoga pour enfants. A condition qu'ils comprennent encore assez bien l'allemand d'ici là... 

- Ecriture: mon grand n'avait jamais accepté d'écrire dans des cahiers de type maternelle. C'est seulement maintenant qu'il se rend compte qu'il a besoin d'écrire (additions, liste d'anniversaire...) qu'il voudrait améliorer ses lettres et ses chiffres. Il a donc accepté de s'entrainer à écrire des chiffres et des lettres en script dans un cahier à très larges lignes. Il se déconcentre vite et on n'excède pas 5 minutes par jour, et encore pas tous les jours. Hier il m'a demandé une dictée de lettres et chiffres pour vérifier s'il les écrivait dans le bon sens, ce qui n'est pas encore toujours le cas. Son petit frère n'est pas encore intéressé du tout par les lettres ni par l'écriture même s'il reconnait deux ou trois lettres grâce à la crèche.

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Arts et musique:

 - Le solstice d'été a été l'occasion, à la demande de mon fils qui en a trouvé l'idée dans Le livre des saisons, de faire quelques activités pour fêter l'arrivée de l'été: mes enfants ont fabriqué des soleils en papier vitrail, des papillons en carton et des tartelettes "soleil" au citron pour une petite fête le jour même. On a aussi regardé une vidéo expliquant la cause du changement de saisons.

 - On a assisté à un concert pour enfants de piano et violon (Mozart) qui les a ennuyés. Il faut dire qu'une heure sans trop bouger, ils n'en ont pas l'habitude.

- Le spectacle de Peppa pig au théâtre leur a plu davantage, même si je l'ai trouvé de qualité médiocre.

- Mon grand continue les leçons de piano une fois par semaine dans la structure pour enfants IEF. Il aime beaucoup.

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 - Mes garçons ne sont pas les plus grands fans du monde d'activités manuelles mais dessinent, colorient ou font de la peinture de temps en temps. Ils ont apprécié le Cahier de bêtises et le Cahier de monstres qui les ont beaucoup fait rire. En Play doh et en pâte à sel, ils ont fabriqué hérissons et trilobites.

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 - Ce trimestre, nous avons vu une petite exposition de peintures et sculptures en France et avons bien sûr fait un tour à la galerie de notre ami Thierry Noir et assisté à la peinture d'une de ses fresques murales à Shoreditch.  

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 La Howard Griffin Gallery à Shoreditch, désormais consacrée à l'oeuvre de Thierry Noir, un monde riche en couleurs

 

 

Activité physique:

Mon fils a arrêté la gym à la structure IEF car il s'y ennuyait, tout comme le cours d'art. Il préfère marcher, courir, faire du vélo, de la trottinette, du yoga, grimper dans les arbres, sauter dans les dunes à la plage, et a découvert le badminton. Il joue désormais volontiers au foot avec son papa et commence à apprendre à nager (avec ses brassards) et à oser mettre la tête sous l'eau... avec un masque. C'est déjà un grand pas pour un enfant qui a peur de l'eau! On se rend aussi régulièrement à des courses pour supporter son papa qui est un runner (quasi végane) de très bon niveau.

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Même pas peur!

 

La majeure partie de nos journées est donc constituée de jeu libre, à la maison ou à l'extérieur. Leurs jeux, activités et jouets préférés du moment sont:

- 3 ans: sable, bâtons, Duplos, Play-Doh, puzzles, peinture, déplacer tout ce qu'il trouve dans l'appartement pour faire des cabanes, chanter et faire de la "musique".

- 6 ans: sable, bâtons, pierres et minéraux à disposer comme dans un musée, observer les insectes, nourrir les écureuils, Legos, dessins, badminton, lire, rêvasser.

 

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Donner des noix aux écureuils du parc de Greenwich

 

Si notre quotidien vous intéresse (recettes, activités...), vous pouvez nous suivre sur Instagram @sophiesovegan

Voilà pour cette deuxième édition, passez un bel été! 

 

13 juin 2016

L'histoire d'un petit T-Rex végétarien

Mon fils de 3 ans s’est récemment fait offrir T-Végi, le petit tyrannosaure dévoreur de légumes, un album dont j’avais déjà entendu parler sans pouvoir encore le feuilleter. Une belle découverte.

Je vous présente donc ce livre de Smriti Prasadam-Halls et Katherina Manolessou, aux éditions Gallimard jeunesse, dédié « à tous les enfants qui osent être différents ». Rien que la dédicace me plaît ;-)

 

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Alex, le petit tyrannosaure, se régale joyeusement de tarte aux poireaux et de mousse d’avocat, de jus fraise-banane et de gâteau carotte et pastèque, quand un jour, lassé de subir les moqueries de son entourage, il décide de partir pour trouver des amis herbivores qui le comprennent. Réalisant qu’Alex leur manque, ses amis se mettent en route pour le retrouver.

 

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L’histoire à la trame simple (elle nous rappelle celle de Kokosnuss le petit dragon rencontrant un T-Rex végétarien qui se fera finalement accepter par les autres) met en valeur l’acceptation des différences et, tout comme J’aime pas les côtelettes, démonte les plus fameux clichés sur les végétariens : « A force de manger des crudités, tu vas te ratatiner ». Quand Alex sauve ses amis en arrêtant un rocher qui tombait d’une falaise, alors ceux-ci constatent : « on te croyait tout ramollo, mais tu es sacrément costaud ! » et lui organisent une belle fête... végétarienne. 

 

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Si l'éthique ou les raisons d'être végéta*ien ne sont pas abordées, l'album offre une belle réflexion sur les difficultés que l'on rencontre parfois avec une alimentation différente. Une histoire joyeusement illustrée, parsemée de fruits et légumes aux couleurs vitaminées, qui plaira bien aux enfants dès 3 ans. Les petits végés pourront s’identifier au héros et, s’ils ont pu faire l’objet de critiques, en rire et s’en distancer à travers la fiction qui leur prouve qu’ils ont bien le droit d’être différents et sont aussi forts et valables que les autres.

A offrir à tous les enfants pour un monde plus tolérant ;-)

 

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Et vous, que pensez-vous de ce livre? En avez-vous d'autres à conseiller?

 

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02 juin 2016

Ayez confiance en vos petits héros

Etre végéta*iens en famille, pour beaucoup d'entre nous, est une évidence. Ce qui ne signifie pas que ce mode de vie ne nous donne jamais de difficultés. Mais tout simplement, nous n’aurions pas pu faire autrement. Nous n’avons pas eu besoin de peser les pour et les contre, de délibérer longuement. Donner à nos enfants – à leur insu bien souvent – des corps d’animaux morts, des produits laitiers qui ont coûté la vie à d’autres bébés, des œufs qui comme le lait sont le résultat de l’exploitation des femelles, cela nous paraît tout simplement impossible.

Personnellement, j’ai commencé la diversification de mon fils aîné totalement perdue, au bord de la panique. Il y a six ans encore, il n’existait à ma connaissance aucun livre ni site en français sur l’alimentation végane des enfants, je ne connaissais de loin qu’une autre famille l’ayant fait, et aucun médecin capable de me soutenir. J’avais peur pour mon fils, pour sa santé, peur des jugements et des critiques. Accablée de reproches de la part d’un médecin à qui j’avais demandé conseil sur les laits végétaux infantiles, j’ai acheté un yaourt au lait de brebis bio. J’en ai donné quelques cuillères à mon fils, les larmes aux yeux. Je n’ai jamais pu en racheter un. Elever mes enfants dans les valeurs du véganisme (ce qui n’exclut pas de rares exceptions, surtout lorsqu’ils grandissent, je l’assume), c’est pour moi une évidence, une nécessité.

 

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Malgré la certitude d'avoir pris la décision la plus juste, on peut avoir peur. L'aspect santé, traité aujourd'hui dans des livres fiables et de nombreuses ressources en ligne, et sur lequel on peut échanger dans quantité de groupes et forums, ne devrait plus être un souci. Mais il reste difficile d’être « différent » dans une société où le poids de la norme et le risque de l’exclusion dès qu'on s’en écarte sont aussi écrasants. On a peur d’infliger ça à nos enfants, peur qu’ils en souffrent, qu’ils ne s’en remettent pas, peur aussi peut-être, au fond, qu’ils nous en veuillent plus tard. On peut choisir de faire des compromis – végane à la maison, végé à l’extérieur ; végé à la maison, omni à l’extérieur – et loin de moi l’idée de juger : tout choix que vous faites est déjà un grand pas vers un monde meilleur. A chacun de trouver son rythme, les compromis qu’il est prêt à faire, car les choix éthiques, même lorsqu’on est convaincus de leur pertinence, sont évidemment bien plus difficiles à appliquer avec une famille et des enfants qui grandissent.

 

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Je voulais cependant partager cette simple réflexion, qui donnera peut-être confiance en eux aux futurs parents et à ceux qui hésitent à franchir le pas, et confortera les autres dans leur choix.

Si vous ne changez pas, vous, maintenant, avec vos enfants, dans votre vie quotidienne, qui le fera ? Si vous attendez que le monde évolue pour ne pas vous sentir différents, comment le changement pourra-t-il se produire ? Nous avons cette responsabilité, le changement doit venir de nous et de nos enfants. Pour la planète qui meurt, pour les animaux qui souffrent par milliards, pour les humains qui meurent de faim, nous n’avons pas de temps à perdre. C’est cette génération, celle de nos enfants, qui doit porter le changement vers un monde plus éthique, plus sobre, plus heureux. Osez leur parler de l’importance de vos choix, osez être fiers de vos valeurs, osez leur montrer que leurs actions font d’eux des héros. Nos enfants sont ceux qui changent le monde, dès maintenant. Ne doutez pas d’eux, ne doutez pas de leur force, ne doutez pas de vos choix, ne doutez pas de votre différence : c’est elle qui guérira le monde.

 

Posté par sophieso à 10:59 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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