Etre végéta*iens en famille, pour beaucoup d'entre nous, est une évidence. Ce qui ne signifie pas que ce mode de vie ne nous donne jamais de difficultés. Mais tout simplement, nous n’aurions pas pu faire autrement. Nous n’avons pas eu besoin de peser les pour et les contre, de délibérer longuement. Donner à nos enfants – à leur insu bien souvent – des corps d’animaux morts, des produits laitiers qui ont coûté la vie à d’autres bébés, des œufs qui comme le lait sont le résultat de l’exploitation des femelles, cela nous paraît tout simplement impossible.

Personnellement, j’ai commencé la diversification de mon fils aîné totalement perdue, au bord de la panique. Il y a six ans encore, il n’existait à ma connaissance aucun livre ni site en français sur l’alimentation végane des enfants, je ne connaissais de loin qu’une autre famille l’ayant fait, et aucun médecin capable de me soutenir. J’avais peur pour mon fils, pour sa santé, peur des jugements et des critiques. Accablée de reproches de la part d’un médecin à qui j’avais demandé conseil sur les laits végétaux infantiles, j’ai acheté un yaourt au lait de brebis bio. J’en ai donné quelques cuillères à mon fils, les larmes aux yeux. Je n’ai jamais pu en racheter un. Elever mes enfants dans les valeurs du véganisme (ce qui n’exclut pas de rares exceptions, surtout lorsqu’ils grandissent, je l’assume), c’est pour moi une évidence, une nécessité.

 

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Malgré la certitude d'avoir pris la décision la plus juste, on peut avoir peur. L'aspect santé, traité aujourd'hui dans des livres fiables et de nombreuses ressources en ligne, et sur lequel on peut échanger dans quantité de groupes et forums, ne devrait plus être un souci. Mais il reste difficile d’être « différent » dans une société où le poids de la norme et le risque de l’exclusion dès qu'on s’en écarte sont aussi écrasants. On a peur d’infliger ça à nos enfants, peur qu’ils en souffrent, qu’ils ne s’en remettent pas, peur aussi peut-être, au fond, qu’ils nous en veuillent plus tard. On peut choisir de faire des compromis – végane à la maison, végé à l’extérieur ; végé à la maison, omni à l’extérieur – et loin de moi l’idée de juger : tout choix que vous faites est déjà un grand pas vers un monde meilleur. A chacun de trouver son rythme, les compromis qu’il est prêt à faire, car les choix éthiques, même lorsqu’on est convaincus de leur pertinence, sont évidemment bien plus difficiles à appliquer avec une famille et des enfants qui grandissent.

 

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Je voulais cependant partager cette simple réflexion, qui donnera peut-être confiance en eux aux futurs parents et à ceux qui hésitent à franchir le pas, et confortera les autres dans leur choix.

Si vous ne changez pas, vous, maintenant, avec vos enfants, dans votre vie quotidienne, qui le fera ? Si vous attendez que le monde évolue pour ne pas vous sentir différents, comment le changement pourra-t-il se produire ? Nous avons cette responsabilité, le changement doit venir de nous et de nos enfants. Pour la planète qui meurt, pour les animaux qui souffrent par milliards, pour les humains qui meurent de faim, nous n’avons pas de temps à perdre. C’est cette génération, celle de nos enfants, qui doit porter le changement vers un monde plus éthique, plus sobre, plus heureux. Osez leur parler de l’importance de vos choix, osez être fiers de vos valeurs, osez leur montrer que leurs actions font d’eux des héros. Nos enfants sont ceux qui changent le monde, dès maintenant. Ne doutez pas d’eux, ne doutez pas de leur force, ne doutez pas de vos choix, ne doutez pas de votre différence : c’est elle qui guérira le monde.