Aujourd’hui, pendant que son petit frère était à la nursery, mon grand (5 ans) a voulu aller faire un tour au petit parc écologique à côté de chez nous. Dans la cabane du parc, en prévision du « Frog day » qui aura lieu dimanche, il y avait un panneau mural d’informations intéressantes sur les grenouilles – saviez-vous que sur les 2000 œufs que pond en moyenne une femelle, seulement 5 deviendront des grenouilles adultes ?  – ce qui a ravi mon fils, passionné de grenouilles depuis son plus jeune âge.

 

frog day

 

En rentrant, nous avons noté ces nouvelles informations dans son classeur qui contient quelques pages sur les sujets qui l’intéressent le plus (dinosaures, planètes, minéraux ;-), puis à sa demande nous avons regardé une vidéo sur la transformation de l’œuf en têtard puis en grenouille, et enfin le "C'est pas sorcier" sur les amphibiens, ce qui nous a permis d’apprendre encore de nouvelles choses sur ces créatures incroyables.

Mais à la fin de l’émission, alors que je m’étais absentée deux minutes, je l’entends crier : "Maman ! Il y a des gens qui mangent les grenouilles!" et quelques instants plus tard, devant son muffin banane-chocolat, il était en pleurs. Effectivement, je suis revenue ce soir sur les images, on aperçoit des gens en train de trier des cuisses de grenouilles. Et que les gens mangent des grenouilles, son animal préféré, puisque nous n’avons jamais été confrontés à cela, je ne vois pas pourquoi je le lui aurais dit. Et il l’a découvert, et cela lui a fendu le cœur. Bien sûr, il trouve aussi horrible que des cochons ou des vaches soient mangés, mais la grenouille, pour lui qui a eu le coup de foudre à un an pour une grenouille en peluche, c’est bien évidemment particulier. Et face à mon petit garçon qui pleurait, inconsolable, sans vouloir dire pourquoi, je me suis retrouvée démunie, sans mots.

Comment un enfant de 5 ans pourrait-il comprendre que cet animal fascinant, auquel les humains consacrent des documentaires pour en expliquer le mode de vie, les incroyables étapes de développement et les habitudes, qu'ils aident à traverser en sécurité des routes au moment de la reproduction, comment comprendre qu'il puisse être considéré comme un simple aliment et tué par ces mêmes humains?

Je n’ai pas su quoi lui dire pour expliquer cela, pour le consoler, parce que c’est la réalité et qu’il n’y a rien à faire pour la justifier. J’ai juste dit qu'il y avait parfois des choses qui ne sont pas comme on voudrait qu'elles soient, et proposé d’en reparler s'il le voulait. Je n’ai pas su faire plus. Je sais qu’il doit passer par là parce que c’est la réalité et que je ne pourrai pas l’en protéger toujours. Comme celle du changement climatique qu’il commence à découvrir (« Mais on va pouvoir le reboucher, le trou dans l’ozone ? Et nettoyer la mer ?? »). Etre là, accompagner, montrer qu’il y a des solutions, qu’on peut agir, qu’on n’est pas impuissant, cela peut aider à chasser l'angoisse. Et puis rire, découvrir, s'émerveiller, ne pas rester bloqués sur ces sujets, parce qu'il y a de belles choses aussi (des gens qui sauvent les grenouilles!), et une enfance à vivre :-)

 

Et vous, comment ont réagi vos enfants en découvrant que les autres mangeaient des animaux, ou leurs animaux préférés? Quels mots avez-vous trouvés?