De plus en plus des parents les adoptent. Rien à voir avec les langes d’autrefois (on ne va plus non plus au lavoir pour les lessives...): composées d’une ou de deux parties, avec des imprimés tout plus beaux les uns que les autres, les couches lavables d’aujourd’hui ont tout pour plaire ! J’ai des simples couches + culottes mais de nombreux autres systèmes et modèles encore plus pratiques existent.

 

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Pourquoi passer aux couches lavables ? Commençons par lister, en toute objectivité, les avantages et les inconvénients :

 

(Petits) inconvénients :

- une lessive tous les 2 ou 3 jours

- le temps de séchage à prendre en compte si l’on n’a pas de sèche-linge (ce qui est mon cas)

- l’odeur plus forte que celle des jetables, sur le bébé et dans le seau de stockage (même si on s’y habitue vite)

- le volume de la couche sous les vêtements (cela dépend des modèles mais il faut généralement passer à la taille supérieure de pantalon et de body, mais est-ce vraiment un problème ?)

- une plus grande fréquence de change, toutes les 3 heures maximum

- possibles rougeurs du siège dues à l’humidité (cependant le coton des couches lavables est souvent mieux toléré par les petites fesses sensibles que les produits chimiques des jetables comme le polyacrylate de sodium)

- un investissement important au début mais vite rentabilisé et au final inférieur à celui des jetables

 

(Grands) avantages :

- veganes : les lavables ne sont pas testées sur les animaux !

- écologiques : les couches jetables (6000 soit une tonne par enfant !), qui mettent plus de 500 ans à se décomposer, sont un véritable problème pour l’environnement. Regardez cet article pour les chiffres. Les couches lavables consommeraient 3,5 fois moins d’énergie et 2,3 fois moins d’eau que les jetables. Elles donc un moyen d’épargner la planète de nos enfants et un geste important pour leur avenir. Et quand on se soucie des animaux, qui sont les premières victimes de la pollution et de la déforestation, choisir les lavables prend tout son sens.

- économiques, encore plus si on les achète d’occasion ou qu’on les utilise pour plusieurs enfants ; bien moins chères aussi que les couches jetables écologiques. Une économie moyenne de 700 euros dès le premier enfant.

- pratiques : pas besoin d’acheter et de transporter sans arrêt des paquets de couches, ni de vider des poubelles (puantes) au moins une fois par jour

- saines : des matières 100% naturelles comme le coton bio, exemptes de produits chimiques nocifs à la différence des jetables non écologiques, qui laissent davantage respirer la peau et n’élèvent pas la température des parties génitales des petits garçons (important pour la fertilité)

- aident à devenir « propre » car le bébé en couches lavables prend conscience de l’humidité contrairement aux jetables qui le laissent toujours au sec

- esthétiques : des couches bien plus mignonnes que les jetables

 

Voir aussi le Duel Couches lavables vs Couches jetables.

 

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 De gauche à droite: culotte de protection, couche, insert, feuille

 

Les couches lavables, comment ça marche ?

Ayant utilisé les lavables pour mes deux garçons, je vous fais part de mon expérience et de mes astuces pratiques pour bien les choisir et les utiliser. Cela ne remplacera pas l’avis d’une conseillère en couches lavables pour le choix d’un modèle. Vous pouvez aussi consulter cette fiche pour plus de précisions ou le Guide pratique des couches lavables de la boutique Apinapi.

 

Et tout de suite, les réponses à toutes les questions que vous pouvez vous poser :

 

Quels sont les différents systèmes ?

Si des mamans utilisent de simples langes pliés ou confectionnent elles-mêmes des couches lavables, de nombreux modèles tout prêts et aussi pratiques que des jetables existent :

D’abord, mieux vaut choisir des couches évolutives de la naissance à la propreté avec pressions ou velcros, qui s’adaptent tout au long de la croissance du bébé, plutôt que des couches à tailles.

Il existe trois ou plus précisément quatre types de couches :

- Les TE1 (tout en un) intégrales sont aussi simples que des jetables : la culotte et la protection intérieure sont liées, on met le tout au sale à chaque change.

- Les TE1 à poche : on glisse un insert dans la poche d’une culotte imperméable, on lave le tout à chaque fois. Ces deux modèles sont les plus pratiques mais un peu longs à sécher.

- Les TE2 sont composées de deux éléments : la culotte de protection imperméable et l’insert qui se fixe à l’intérieur généralement par des pressions. On ne lave pas la culotte de protection à chaque fois.

- Le système classique couche + culotte de protection séparées (c’est ce que j’ai, voir photos ci-dessus et ci-dessous) : un peu plus long à mettre car en deux temps, et moins « mignon » mais c’est le système le plus absorbant.

 

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 La couche en coton bio (Popolini)... et ne pas oublier la culotte imperméable par-dessus!

 

Pour plus d’absorption, on peut ajouter un ou des inserts en tissu à l’intérieur (à un moment on a été obligés de mettre 3 inserts pour la nuit !). Et dans tous les cas, on protège le fond de la couche par une feuille ou voile de protection, à jeter en cas de selles, et sinon à laver avec les couches pour être réutilisée plusieurs fois. A la place, on peut aussi mettre un voile polaire lavable qui garde les fesses au sec.

 

Comment choisir le bon modèle ?

Pour trouver le modèle qui convient le mieux à votre bébé, rien ne vous empêche d’acheter un exemplaire de différents modèles pour essayer, et d’étoffer ensuite votre stock en fonction de vos préférences. Il existe même des « packs découverte » ou des services de location. Parmi tous les modèles, les matières, et les formes, il en existe forcément qui s’adaptent à votre bébé. Consultez par exemple cette présentation de différentes marques et ce comparatif des matières.

Pour mes enfants, j’ai de simples couches + culottes que l’on m’avait conseillées en magasin (Mon petit Öko, Lyon). Pour mon aîné, j’avais choisi 15 couches en coton bio Popolini et 15 en coton et chanvre bio Lulu Nature, 3 culottes de protection à pressions Popolini Vento Bravo dans chaque taille (S, M et L) et 3 à velcros (taille unique Wonder Wraps), ainsi qu’une bonne trentaine d’inserts. Je trouve cet assortiment très fonctionnel. Comme chaque type a des avantages et des (petits) inconvénients, je m’y retrouve bien. Les Popolini par exemple sont plus volumineuses, plus longues à sécher mais aussi plus absorbantes et plus solides que les Lulu nature.

Pour mon 2e bébé, je les réutilise toutes et j’ai étoffé le stock avec 5 nouvelles So Bamboo à intérieur polaire tout doux (photo ci-dessous). Mais je trouve qu’elles s’abîment déjà un peu. A mon avis rien ne vaut le pur coton bio.

 

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Combien de couches faut-il ?

15 à 20 couches pour une lessive tous les 2 jours, 30 couches pour une lessive tous les 3 à 4 jours (sans sèche-linge). Pour les systèmes couches + culotte et TE2, comptez un insert par couche, et environ 5 culottes de protection par taille (on ne les lave pas à chaque fois). Les feuilles s’achètent par rouleaux de 100.

 

Comment les stocker ?

Un seau tout simple suffit. Il est préférable, afin d’éviter la macération, de les stocker sans couvercle. Si l’odeur (qui disparaît très vite) vous dérange et que vous n’avez pas de jardin ou de balcon où les entreposer, mettez un couvercle mais ne faites en aucun cas tremper les couches : en effet, le trempage favorise le développement des bactéries et des moisissures, et nuit aussi à la longévité des couches. Vous pouvez aussi les rincer ce qui diminuera l’odeur.

Pour vos sorties, il existe de petits sacs à couches imperméables qui se ferment par un lien élastique (et qui pourront vous servir ensuite pour les maillots de bain).

 

Comment les laver ?

Avant la première utilisation, il est conseillé de les faire tremper une nuit et de les laver 2 ou 3 fois pour optimiser l’absorption.

Ensuite les couches (et les feuilles non souillées) se lavent à 40 ou 60°, de préférence avec une lessive écologique et hypoallergénique. Il convient par ailleurs d'éviter les lessives trop glycérinées du type copeaux de savon de Marseille ainsi que les noix de lavage, qui auraient tendance à encrasser les couches. Pour la même raison, préférez les lessives en poudre. N’utilisez jamais d’assouplissant.

On peut ajouter de temps en temps quelques gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé dans la lessive pour désinfecter, mais veillez à ce que les couches soient ensuite bien rincées. Les couches peuvent aussi être lavées à 40° avec le reste du linge après un simple rinçage en machine.

Pour pouvoir les utiliser longtemps, choisissez un essorage doux (800 tours maximum).  Evitez le sèche-linge pour les TE1 et les culottes de protection. L'idéal est bien sûr de les laisser sécher en plein air.

De temps en temps, si vous remarquez qu’elles absorbent moins, pensez à décrasser vos couches : pour cela certains recommandent les cristaux de soude (voir méthode à la fin de cet article), d’autres les déconseillent (voir autre méthode à la page 12 de ce guide).

 

 

Lingettes lavables et autres accessoires écologiques et vegans pour le change

 

IMG_1282Et parce que les autres accessoires du change contribuent aussi à la pollution (je suis effrayée de voir autour de moi des mamans utiliser serviette à langer jetable + lingettes ou cotons jetables + mouchoirs jetables en papier pour sécher + couches jetables !!), le complément idéal des couches lavables est bien sûr les lingettes lavables, à utiliser avec un peu d’eau ou de liniment oléo calcaire. Ecologiques et économiques, elles épargnent en plus au bébé les produits dangereux contenus dans les lingettes jetables classiques. Elles se lavent avec le reste du linge ou avec les couches. Les lingettes lavables sont également très pratiques pour le débarbouillage à table. Une fois bébé devenu grand, elles peuvent vous servir de lingettes démaquillantes.

J’ai essayé plusieurs modèles mais les plus pratiques et les plus solides sont incomparablement les Lulu Nature chanvre et coton bio 15 par 15cm. Je réutilise mon stock de 20 lingettes pour mon 2e bébé et elles sont toujours en parfait état. On peut aussi facilement les fabriquer soi-même comme le propose Antigone XXI.

 

 

Mon matériel pour le change : pour un simple pipi, j’utilise lingette lavable + eau (une bassine que j’apporte sur la table à langer), et pour un caca je commence par un ou deux cotons jetables avec de l’eau avant de finir par une lingette lavable. Quand je n’ai pas d’eau à portée de main j’utilise du liniment mais je ne suis pas une grande fan, je trouve que l’eau nettoie aussi bien voire mieux. Je sèche avec les petites serviettes carrées en coton Ikea certes non bio mais inusables. Ensuite j’applique éventuellement la crème pour le change Lavera (en cas de rougeurs et avant la nuit).

En sortie, il est toujours possible d’emporter lingette lavable + bouteille d’eau mais en général j’ai un paquet de lingettes jetables bio et biodégradables (j’adore les Natracare qui en plus sont veganes, il y a aussi les Naty qui ne sont pas testées sur animaux), et quand je n’en ai plus, des lingettes normales mais si possible sans phénoxyéthanol et autres produits dangereux.

 

Et pour transporter mon nécessaire pour le change, j'ai cousu une pochette à langer de dimensions plus grandes que celles que l'on trouve habituellement et en ajoutant des plis dans les coins des poches pour plus de volume de rangement, qui peut contenir une couche lavable, un gros paquet de lingettes et même une serviette à langer (ou simple lange) et un tube de crème.

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Couches lavables : mes astuces pratiques

- Il peut être judicieux de laisser passer les premières semaines avant de se mettre aux couches lavables, le temps d’avoir trouvé une organisation. Souvent d’ailleurs, les couches lavables taille unique sont trop grandes pour un nouveau-né. Au bout d’un mois ou deux cela va mieux.

- Même si on prend vite l’habitude et le rythme au bout de quelques jours, si passer aux couches lavables vous parait insurmontable, vous pouvez très bien fonctionner en « mixte » entre lavables et jetables. C’est ce que je fais : si j’avais réussi à utiliser exclusivement les lavables (sauf en vacances) jusqu’aux 2 ans de mon aîné, on a dû faire des compromis pour le petit frère : lavables la journée au printemps et en été quand elles peuvent sécher sur le balcon, jetables écologiques en automne-hiver (elles ne séchaient pas dans l’appartement) et pendant les vacances, et Pampers la nuit (la seule marque qui ne fuit pas…). C’est déjà beaucoup de déchets d’évités !

- Il peut être intéressant de mélanger les modèles ou marques, ainsi l’alternance évite d’éventuelles irritations qui apparaîtraient peut-être à la longue avec un modèle unique (un élastique toujours au même endroit par exemple).

- Si l’humidité des lavables cause des rougeurs à votre bébé, je vous recommande l’excellente crème pour le change de Lavera (vegane) au zinc, qui prévient les irritations liées à l’humidité.

- Pour adoucir les couches : oubliez l’assouplissant qui les abîme. Si vos couches deviennent rêches et sèches au fil du temps (c’est surtout le cas de celles en chanvre), malaxez-les et frictionnez-les une fois qu’elles sont sèches, le tissu s’assouplit aussitôt. Il paraît que le sèche-linge les rend aussi toutes douces.

- De nombreuses crèches et nourrices refusent les couches lavables, mais il est tout de même possible de trouver des nourrices les acceptant (surtout quand elles auront vu comme les lavables sont faciles d’emploi) ; le site Nounou nature répertorie les nourrices acceptant les lavables.

- Si l’on peut en commander sur internet, le mieux reste de choisir ses couches en boutique ou lors de salons. Si vous habitez Paris, prenez contact avec la conseillère Aurélie Desjardins ou foncez à la boutique Apinapi, et à Lyon et à Grenoble je vous recommande Mon petit Öko.

- Les acheter d’occasion est aussi possible en vérifiant qu’elles soient en bon état. De nombreux parents revendent des couches qui ont à peine servi.

 Et vous, avez-vous aussi choisi les couches lavables? Quels sont vos modèles préférés, vos astuces etc?